Ajouté le 18 févr. 2020 | Commentaires

OLIVIER CHEVALIER

Le plaisir de l’harmonie

Certains artistes, dans tous les arts, arrivent à créer des oeuvres qui dégagent un faux sentiment de facilité, d’évidence. La peinture d’Olivier Chevalier en fait partie: chaque oeuvre propose des harmonies et des équilibres qui semblent aller de soi… Un sentiment de plaisir partagé qui demande évidemment une grande maîtrise de son sujet.

Au départ, une ambiance colorée, une harmonie qui accroche le regard. Et puis l’oeil se plonge dans la toile et entraperçoit ici, une maison qui se devine, là un visage, parfois un paysage de forêt ou de montagne. 

Olivier Chevalier essaie de tenir en équilibre cette double attirance: une harmonie abstraite et quelques éléments figuratifs, qui se lisent dans ce sens-là: le figuratif n’est pas (ou rarement) l’élément premier, il vient juste pour permettre de s’attarder un peu plus sur la toile.

L’artiste le dit clairement: “Je ne pars jamais d’un sujet. Je ne veux aucune contrainte au départ, je mets de la matière, je recouvre, j’étale, je râcle parfois jusqu’à retrouver le bois, je rajoute des pigments ou du décapant, je change d’outil, je cherche jusqu’à ce qu’une ambiance se dégage”.

Olivier Chevalier a dû patienter pour parvenir à cet équilibre, pour des raisons liées à l’acceptation de ce que l’on fait et de ce que l’on est. 

Pendant des années, il a donc mené de front son travail artistique d’un côté, et un travail de designer d’espaces commerciaux de l’autre: “C’est pour cela que dans mon travail artistique, je ne veux m’imposer aucune contrainte: c’était un contre-point au travail d’aménagement intérieur qui, lui, au contraire, vise à trouver des solutions en tenant compte de nombreux paramètres”.

Pas de contraintes donc de couleurs, de formes ou de matières: Olivier Chevalier utilise l’acrylique, l’huile, les pigments, le fusain, les pastels, crayons… et recouvre aussi bien toiles, cartons, bois, dans tous les formats possibles.

Bref, un nouveau départ pour chaque création. 

Et puis les formes apparaissent dans la matière. Parfois, il les souligne jusqu’à en faire le sujet principal. La plupart du temps, il ne fait que les ébaucher, quitte à utiliser une loupe pour rester au plus près de la matière et de ce qu’elle suggère.  “Je ne mets presque jamais de titre à mes toiles. Je souhaite que le ‘récepteur’ se sente libre dans son interprétation. Parfois, des personnages ont besoin d’être précisés, parfois il me semble que la toile se tient mieux si elle reste dans l’abstraction. J’aime rester sur le fil. Pour ce personnage, la main était plus importante que le visage; ici, les formes sombres évoquent des présences, cela n’aurait rien apporté de les préciser. Ce qui est certain, c’est que je considère que je n’ai pas de message à délivrer, j’essaie juste de construire un univers cohérent qui permet d’ouvrir un dialogue avec les autres”.

Cette façon de faire qui vise à attendre que le tableau “se tienne” peut prendre quelques heures comme elle peut prendre six mois.
Encore une citation pour créer quelques passerelles, citation qu’on attribue à quantité d’artistes, notamment Picasso: à une dame qui regardait un de ses dessins et qui lui dit: ‘Cela a dû vous prendre cinq minutes’, l’artiste aurait répondu: “Non, madame, soixante ans et cinq minutes”.

Olivier Chevalier préfère évoquer un autre artiste, mais l’idée est la même: la recherche d’une harmonie qui sera évidente au premier regard est le fruit d’un long labeur pour l’artiste, labeur dont le spectateur n’aura pas idée: “Francis Bacon parle d’accidents qui obtenus grâce à l’inconscient perdent en force à partir du moment où l’intellect entre en jeu”.

Cette harmonie quelque soit la construction géométrique ou quelque soit la palette a donc demandé du temps à l’artiste, et des exigences qu’il s’est lui-même imposées: “J’ai eu une période où je travaillais dans les bruns, les ocres, bref une palette un peu éteinte. Pour m’en sortir, je me suis imposé une contrainte: c’était il y a une dizaine d’années, j’ai demandé à ma femme d’aller choisir les couleurs et j’ai travaillé avec ce qu’elle m’a rapporté… Depuis, c’est vrai, ma palette est à la fois plus variée et plus lumineuse”.

Une palette qui convient parfaitement à cette peinture, étroitement liée à une notion de plaisir: Plaisir de peindre pour l’artiste, plaisir de s’attarder sur ces harmonies, ces équilibres de construction pour celui qui regarde. 

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Olivier Chevalier s’est formé à l’Ecole Corvisart, où il acquiert une formation très technique (lettrage, graphisme), complétée par une formation aux Arts appliqués, où il se forme aussi bien à la peinture qu’au design espace. Pendant de nombreuses années, cette double formation lui permettra de mener cette double activité, avant de se consacrer uniquement à la peinture depuis 2015.

Découvrez son travail ( 11 oeuvres )



peintures abstrait abstraction

Ajouté le 10 oct. 2019 | Commentaires

ANDRÉ NADAL

La poésie des figures géométriques

Les formes sont le plus souvent très simples : des cercles, des rectangles, des entrecroisements de lignes droites. Les couleurs sont tout aussi réduites : du blanc au noir, en passant par toute la gamme des gris. Dans ce schéma rigoureux, André Nadal réussit à créer un univers très personnel où la géométrie est vue comme une porte ouverte sur l’harmonie

Avant de vivre de sa peinture, André Nadal a fait des études pour devenir dessinateur industriel. Il lui en est resté quelque chose, un goût certain pour la géométrie et ce qu’elle peut offrir d’harmonieux. Mais pour apporter un regard neuf sur des formes aussi simples qu’un cercle ou qu’un cube, il faut évidemment trouver sa voie. André Nadal a beaucoup cherché. Il a « erré dans la couleur », comme il aime à le dire, passant par une phase de tachisme avant de recentrer son travail sur quelque chose de plus épuré. Mais il n’a pas immédiatement jeté son dévolu sur le noir. Pendant huit années, il a au contraire travaillé des œuvres en bleu, faisant lui-même son bleu de Prusse. Les formes géométriques, faites d’un entrelacs de traits innombrables étaient déjà là, mais le bleu apportait peut-être quelque chose de plus aérien.

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Et puis, un jour, il a vu des œuvres faites de tableaux en bois brûlé. C’était il y a 12 ans, et depuis le noir est devenu le ton essentiel de son travail. Aujourd’hui, ce noir omniprésent recentre les œuvres sur les formes. La plupart du temps, elles existent pour elles-mêmes, se contentant éventuellement d’évoquer d’autres choses : le cube peut évoquer les immeubles américains, avec ses horizontales et verticales très marquées par les structures métalliques apparentes. Mais l’impression de grandeur n’est pas nécessairement la première recherchée : quand le cube est constitué de petites taches plus ou moins blanches ou grises, il
peut évoquer davantage un morceau de sucre qu’un immeuble monumental.

Et plus rarement, la peinture se fait figurative, quand les formes cubiques se multiplient et évoquent clairement New York ou une autre sky-line américaine.

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Ce qui est commun en revanche aux œuvres d’André Nadal, c’est la notion de proche et de lointain : on regarde d’abord de loin ce cube ou cet amas de lignes formant un cercle, et puis on s’approche pour comprendre un peu plus la technique et se noyer dans les lignes, jusqu’à mettre son nez sur le tableau. La tendance est particulièrement forte pour comprendre comment l’artiste parvient avec des mêmes traits, à proposer la face d’un cube à la lumière et l’autre à l’ombre. La réponse vient de la proximité : l’artiste ne peint pas sur son fond noir, il gratte, avec plus ou moins de profondeur, ce fond noir pour retrouver des tons blancs ou gris qui vont former le motif.

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En ce sens, l’œuvre d’André Nadal est finalement empreinte de classicisme : comme le château de Versailles ou le Louvre par exemple, on regarde l’œuvre de loin, ses formes et son équilibre général, avant de s’approcher pour détailler les éléments un par un : les colonnes, les sculptures, etc.

Aujourd’hui, l’artiste a une réputation bien établie, avec des galeries qui le suivent aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis ou en Asie. « Je pense que mon travail a un côté hypnotique. Il captive aussi bien l’œil que le cerveau du spectateur, tout en restant très simple d’apparence. Et je peux le voir dans ceux qui apprécient mon travail : ce sont souvent des perfectionnistes, qui possèdent des maisons où règne une certaine notion d’ordre. Mes œuvres prennent toute leur ampleur dans des intérieurs épurés ».

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Aujourd’hui, l’artiste revient un peu à la couleur, avec des figures colorées sur fond noir ou sur fond blanc. Mais le travail reste tout autant épuré et nécessite toujours la même concentration : « Quand je peins, je suis seul dans mon atelier, sans rien pour me déranger. Pas de musique, et si une mouche arrive, je la plains car elle risque de finir en enfer ». André Nadal travaille dans le silence, sans rien qui puisse détourner son attention. Et ce n’est pas la couleur qui change la donne.   Texte : AD

VOIR LE TRAVAIL D'ANDRÉ NADAL→

André Nadal nait à Oran, en Algérie en 1952. En 1962, il arrive en France dans la région de Perpignan où il retrouve une partie de sa famille. Très tôt, il se passionne pour le dessin (des voitures de sports, exclusivement) et s’oriente vers des études secondaires de dessinateur industriel. Puis il fréquente les Beaux-Arts de Perpignan et opte pour l’architecture d’intérieur. Egalement passionné par l’aéronautique (depuis l’âge de 8 ans, il fabrique des parachutes), il réalise ses rêves d’enfant grâce au vol libre. Il sillonne le ciel avec sa propre aile Delta et touche vite aux autres disciplines du genre : hélicoptère, avion léger, planeur, ULM...

En 1980, naît sa fille Isabelle. Deux ans plus tard, en jouant avec elle, il découvre la peinture abstraite… En 1983, il abandonne le dessin industriel et se consacre à la peinture.

Depuis 2007, il partage son temps entre son atelier dans le Tarn et celui de Paris.
 André Nadal expose dans de nombreuses galeries, dont deux en région, la galerie Dupré et Dupré à Béziers, et la galerie Sakah à Toulouse.

Découvrez son travail ( 7 oeuvres )


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ANDRÉ NADAL
France


Noir et blanc graphique Abstraction géométrique