Je m'appelle Khadija ALHYAN, Je suis une femme amazighe autodidacte, originaire d’un village du sud du Maroc où j'ai vécu jusqu'à 2024. Pendant longtemps, je n’ai jamais pensé devenir artiste. J’ai passé ma vie à cultiver la terre, à tisser, à prendre soin des miens… Jusqu’au jour où, il y a un an et demi, mon fils m’a offert quelques tubes de peinture et des pinceaux.
Je ne savais pas comment les utiliser, alors j’ai simplement laissé mes mains faire. Et depuis, je n’ai jamais arrêté.
Mes toiles sont comme des tapis ou des chants traditionnels : elles racontent des histoires. Je peins ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu, ce que je ressens. Mes champs (« Igran » en chleuh, Amazigh marocain), les arbres, les saisons, les fleurs, les couleurs des habits, les fleurs brodées dans les coussins, les motifs qui remplissaient ma vie de tous les jours.
Je n’ai pas appris dans une école. Je crée avec mes souvenirs, ma mémoire, mon instinct. Mon art est brut, sincère, libre. Il ne cherche pas la perfection, mais l’émotion. C’est une manière pour moi de transmettre ce que je porte depuis toujours, mais que je n’avais jamais pu exprimer autrement.
Aujourd’hui, je continue à peindre avec joie et humilité, espérant que mes œuvres toucheront les cœurs, comme elles touchent le mien quand je les vois naître.