Odile Faure : Je dessine depuis toujours

Odile Faure : Je dessine depuis toujours

Olimpia Gaia Martinelli | 23 juil. 2024 5 minutes de lecture 0 commentaires
 

"Cet attrait pour l’art m’a naturellement conduite vers un baccalauréat arts-plastiques, complétés par différents cours du soir aux Beaux-Arts de Lyon, ce qui m’a permis d’embrasser une carrière de styliste-dessinatrice pour différentes  entreprises de soierie."...


Qu'est-ce qui vous a poussé à créer des œuvres d'art et à devenir un artiste ? (événements, sentiments, expériences…)

Je dessine depuis toujours.

Cet attrait pour l’art m’a naturellement conduite vers un baccalauréat arts-plastiques, complétés par différents cours du soir aux Beaux-Arts de Lyon, ce qui m’a permis d’embrasser une carrière de styliste-dessinatrice pour différentes  entreprises de soierie.

La pratique artistique personnelle a vraiment eu lieu pendant la crise sanitaire. J’ai repris les pinceaux.

Ayant la chance d’habiter à la campagne et d’avoir un jardin, en 2020, lorsque le confinement a démarré c’était la pleine saison des fleurs. Mon mari, le photographe Philippe Clerc, également artiste d'Artmajeur, a pris beaucoup de plaisir à les photographier et moi à reproduire ses photos sur la toile.

Quel est votre parcours artistique, les techniques et les sujets que vous avez expérimentés à ce jour ?

Peintures florales :

Après une carrière de dessinatrice-styliste textile pour différentes entreprises de soierie durant toute une vie professionnelle, un sujet s’imposait : Le thème floral qui a historiquement inspiré le travail du textile en général et de la soierie lyonnaise en particulier. La vie en milieu rural et un conjoint photographe naturaliste ont développé cet attrait pour le travail sur les beautés de la nature, entre l’illustration botanique de Pierre-Joseph Redouté, le « Raphaël des fleurs », et le modernisme de Georgia O’Keeffe. 

Peintures de nus :

Depuis l'Antiquité les draperies sont utilisées comme pratique stylistique dans la représentation du corps pour valoriser ou pour cacher les formes. Les nus drapés, ma nouvelle série de toiles, reconsidère ce sujet classique de la peinture par des cadrages « photographiques ». D’une sensualité pudique, elles rompent avec le classicisme tout en explorant les codes de ce classicisme à travers les tonalités et les poses. Montrer le corps ou le cacher ? Aujourd’hui nous pourrions penser que le sujet n’est plus coupable, ce serait sans doute faire abstraction de la censure d’œuvres classiques toujours d’actualité. 

Ces nus drapés et morcelés rappellent que le corps est le refuge de l’identité, cette identité sujette à tant d’interrogations. Sans doute est-ce pourquoi le nu questionne autant les peintres.

Quels sont les 3 aspects qui vous différencient des autres artistes, rendant votre travail unique ?

Le soucis du détail et de la précision ainsi qu’une vision photographique dans le cadrage.

D'où vient votre inspiration ?

Bien évidemment de la nature !

Quelle est votre démarche artistique ? Quelles visions, sensations ou sentiments voulez-vous évoquer chez le spectateur ?

Aujourd’hui dégagée de toute contrainte, je peins pour la couleur, l’ombre et la lumière. Les créations artistiques de ces dernières décennies ont déconsidéré l’émotion au profit de l’intellect  mais j’ose imaginer que la beauté se trouve en soi dans l’émotion et que l’émotion se révèle dans la beauté. Guidée par la poésie et la sensualité des corps et des fleurs, ma peinture n’est en fin de compte que le manifeste de la beauté du monde et des arts, une pause contemplative pour renouer le lien des arts et de l’émotion, plaire et émouvoir restant sans doute des fondamentaux de l’expression artistique. 

Quel est le processus de création de vos œuvres ? Spontané ou avec un long processus préparatoire (technique, inspiration des classiques de l'art ou autre)?

Je peins d’après les photos de mon mari photographe. 

J’admire la peinture classique, les drapés et les clairs-obscurs d’où l’idée de ma série de nus drapés, toujours d’après des photos de mon mari.

Utilisez-vous une technique de travail particulière ? si oui, pouvez-vous l'expliquer ?

J’utilise la peinture à l’huile un peu comme de la gouache en me servant de la térébenthine comme de l’eau . Je lisse mes couleurs et je peins souvent avec des pinceaux fins.

Y a-t-il des aspects novateurs dans votre travail ? Pouvez-vous nous dire lesquels ?

Peut-être une vision photographique grâce au format carré.

Avez-vous un format ou un support avec lequel vous êtes le plus à l'aise ? si oui, pourquoi ?

Je peins à l’huile sur toile, généralement en format carré.

La peinture à l’huile en séchant très lentement me permet de mélanger les couleurs sur la toile.

Où produisez-vous vos œuvres ? A la maison, dans un atelier partagé ou dans votre propre atelier? Et dans cet espace, comment organisez-vous votre travail de création?

À la maison, dans la chambre d’un de mes fils, pièce qui est soit atelier soit chambre selon ses visites. Je peins presque toutes les après-midi en regardant des films ou des séries.

Votre travail vous amène-t-il à voyager afin de rencontrer de nouveaux collectionneurs, pour des salons ou des expositions ? Si oui, que cela vous apporte-t-il ?

Mon mari et moi allons voir des expositions de peinture ou de photographie et nous échangeons avec de nombreux artistes.

Comment imaginez-vous l'évolution de votre travail et de votre carrière d'artiste dans le futur ?

J’aimerais trouver plus d’opportunités d’exposer (et de vendre) mais peindre fait partie de ma vie.

Quel est le thème, le style ou la technique de votre dernière production artistique ?

Je me dirige vers des fleurs un peu plus abstraites grâce au cadrage.

Pouvez-vous nous parler de votre expérience d'exposition la plus importante ?

S’il s’agit de l’expérience picturale m’ayant le plus marquée, il ne s’agit pas d’une exposition mais de la visite de l’atelier du peintre Alain Pouillet, artiste autodidacte de talent.

S’il s’agit de ma propre expérience, l’exposition commune avec mon mari mêlant photographie et peinture.

Si vous aviez pu créer une œuvre célèbre dans l'histoire de l'art, laquelle choisiriez-vous ? Et pourquoi ?

Les raboteurs de parquet de Gustave Caillebotte. Pour la lumière, l’élégance des corps, le sujet social et le cadrage photographique.

Si vous pouviez inviter un artiste célèbre (mort ou vif) à dîner, qui serait-ce ? Comment lui proposeriez-vous de passer la soirée ?

Picasso ! Pour son importance dans l’histoire de l’art.

À la maison, en famille, mon mari, mes fils et leur compagne ne me pardonneraient pas de ne pas être invités avec Picasso autour d’un bon repas, bœuf bourguignon et gratin dauphinois, j’aime assez cuisiner.


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