CYBER MONDAY
Jusqu'à -70%
Tout ce que vous devez savoir à propos des NFT

Tout ce que vous devez savoir à propos des NFT

Bastien Alleaume | 16 avr. 2021 9 minutes de lecture
 

Si vous êtes ici, c'est sûrement que, comme nous, vous êtes très intrigués par ces histoires de NFT, de crypto-art et de blockchain. Derrière ces termes alambiqués se cachent richesses et curiosités, alors pas de panique : on vous explique

C’est LA tendance du moment : aucun être humain normalement constitué et doté d’une connexion haut-débit n’a pu y échapper. Depuis la vente aux enchères déjà légendaire organisée par Christie’s le 11 mars 2021, au cours de laquelle une œuvre numérique complètement impalpable a atteint la somme considérable de 69 Millions de dollars (Beeple, Everydays-The First 5000 Days), tout le monde veut prendre part au business des NFT. Lindsay Lohan, Grimes (chanteuse et épouse du milliardaire déjanté Elon Musk), les rappeurs Ja Rule et Lil Pump, le youtubeur Logan Paul, Paris Hilton, Steve Aoki et énormément d’autres personnalités plus ou moins célèbres se lancent désormais dans la course aux crypto-transactions.

1. Mais c’est quoi, un NFT ? 

NFT est l’abréviation de Nun Fongible Token, que l’on pourrait traduire en français par « Jeton non fongible ». Ce sont des éléments virtuels, sortes de crypto-jetons, immatriculés par des codes d’identification et des métadonnées (nom de l’auteur, signature, date…), qui les rendent ainsi uniques, et non-interchangeables. Ils sont non-fongibles car ils ne peuvent pas être remplacés mécaniquement par un équivalent de même valeur.


Beeple, Everydays: the First 5000 Days, vendu pour 69,3 millions de dollars en 2021 chez Christie's. 

Pour vulgariser, le NFT est à l’œuvre d’art ce que le Bitcoin est à la monnaie. Voici un exemple simple pour vous aider à comprendre : une cryptomonnaie (bitcoin, ethereum…) est comme une pièce d’1€ ou un billet d’1$ : ce sont des biens fongibles puisqu’ils peuvent facilement être remplacés ou échangés par un objet de même valeur : un autre billet ou une autre pièce, cela n’a pas d’importance. A l’inverse, les NFT sont comme des biens de collection ou des œuvres d’art : pour être échangés ou remplacés par des biens de même valeur, ils doivent d’abord être vendus ou liquidés, puis la somme d’argent correspondant à la valeur de l’œuvre vendue pourra être échangée contre un autre bien (objet de collection ou œuvre d’art), d’une valeur identique. Toutefois, l’œuvre vendue et l’œuvre acquise seront encore une fois très différentes, bien qu’elles aient une valeur similaire : ce sera simplement une autre œuvre.
Pour résumer : Un Bitcoin peut être échangé car il a la même valeur qu’un autre Bitcoin. Un NFT ne peut pas l’être car il a une valeur unique, et ne peut pas être reproduit. Néanmoins, il peut être cédé, vendu contre de l’argent, comme n’importe quel autre bien.

La blockchain garantie le caractère unique et l’authenticité d’un NFT, assurant ainsi la confiance entre les acteurs de ce nouveau marché. L’acquéreur peut se procurer autant de NFT qu’il le souhaite, en disposant d’une garantie numérique inviolable attestant de la réalité de ses acquisitions, ainsi que de leur authenticité et de leur singularité.

Maintenant que vous avez compris la nature d’un NFT, vous devez légitimement vous demander quels objets virtuels, quels actifs peuvent être échangés sous cette forme, et vous avez raison !

2. Les actifs qui s’échangent sous forme de NFT 

Bien que le marché des NFT se soit popularisé ces derniers mois grâce à différentes ventes d’art numérique, les actifs échangés sous forme de NFT sont de natures bien plus vastes que le simple domaine artistique. Le marché des NFT est un paradis pour les personnes atteintes d’une forme plus ou moins légère du syndrome de Peter Pan (mais si, vous savez, ce syndrome injustement stigmatisé qui vous pousse à acheter des figurines Lego et collectionner des cartes Pokémon, même après 40 ans). On y trouve de tout, et surtout tout ce qui est collectionnable :

  • Des collectibles, avatars et objets rares de jeux-vidéos, dont les Cryptokitties en sont l’exemple le plus célèbre.
  • Des Memes et des GIF, ces formats courts qui s’échangent sur les réseaux sociaux, comme le très connu Nyan Cat, vendu par son créateur en février 2021 pour la coquette somme de 580 000$.
  • Des Metaverses, qui sont des certificats de propriété de parcelles de terrain virtuelles dans des mondes numériques, tels que Decentraland par exemple.
  • Des Trading Game Cards, sortes de cartes à jouer virtuelles et échangeables, fonctionnant sur le même principe que les cartes à collectionner classiques : plusieurs éditions, des cartes rares, des cartes communes…
  • De l’ Art : qu’il s’agisse d’art numérique ou d’art vidéo, de photographies non-imprimées sur un support physique… Les NFT peuvent également servir de certificat d’authenticité pour attester de la régularité d’une œuvre matérielle, physique, telle qu’un tableau ou une sculpture.
  • Et aussi : des vidéos de NBA, des paires de chaussures Nike virtuelles, de la musique, des photographies et tweets de personnalités, du contenu pour adulteGlobalement, tout ce que l’on trouve sur Internet peut être échangé sous forme de NFT.

Apparus en 2017, les Cryptokitties, ces petits chats colorés virtuels constituent les premiers NFT connus. 

Pour l’Art en particulier, plusieurs questions peuvent se poser : mais alors, on achète quoi exactement ? Existe-t-il une forme d'exclusivité pour l’acquéreur d’un NFT ?
Ici, la notion de piratage n’existe pas : les NFT se positionnent comme des certificats de propriété unique d’une œuvre d’art. L’œuvre numérique peut souvent être visionnée, capturée ou copiée par d’autres personnes, mais il n’existera toujours qu’un seul propriétaire de l’œuvre originale, dont le titre de propriété inscrit sur la blockchain lui garantira une protection contre le vol et l’usurpation. Il ne s’agit donc pas d’acheter une œuvre numérique, puis d’en interdire l’utilisation par des tiers pour en conserver l’usage exclusif. Il s’agit de se porter acquéreur d’une œuvre, soutenir des artistes, faire évoluer sa collection virtuelle et procéder à des échanges.
Cela se traduit par un processus de « gamification », permettant d’inclure du divertissement dans le marché de l’art numérique, pour lequel l’élaboration de collections était auparavant assez fastidieuse et complexe.

Le premier tweet du créateur de Twitter, vendu 2,9 millions de dollars en mars 2021

3. Quel avenir pour les NFT ? 

Après les nombreuses ventes records très médiatisées en février et mars 2021, il semble que le puissant dynamisme de ce récent segment commence à s’atténuer. Rien d’étonnant à cela, puisqu’un nouveau marché est souvent synonyme de spéculations excessives liées à l’attrait d’une nouvelle clientèle curieuse perturbant ainsi les lois « naturelles » de l’offre et de la demande. Il reste alors à savoir si l’on assiste à l’éclatement d’une bulle spéculative, ou bien s’il s’agit simplement d’une correction de trajectoire qui, à termes, stabilisera les prix et pérennisera ce marché à fort potentiel.

Aujourd’hui, à la mi-avril 2021, les ventes moyennes journalières de NFT ont chuté de presque 70%, bien que les montants en jeu restent considérables. Nous sommes en effet passez d’environ 19,3 Millions de dollars de transferts quotidiens durant la 2ème semaine de mars, à environ 5,5 Millions, tout juste un mois plus tard (source : Nonfungible.com).

Pour les professionnels du secteur, ces résultats sont tout à fait normaux et prévisibles. Selon Robert Norton, directeur général de la société NFT Verisart « Une telle excitation ne pouvait être durable aux mêmes niveaux que ceux constatés en février et en mars 2021 ». Ce n’est pas encore la ruée vers l’or, mais une chose est sûre : les NFT ont un bel avenir devant eux. De nombreux acheteurs sont prêts à dépenser énormément d’argent dans ces jetons virtuels, et la situation sanitaire actuelle ne fait qu’amplifier ces comportements. Les NFT s’échangent entre collectionneurs et font déjà l’objet de mouvements de fonds colossaux, comme en témoigne la récente revente d’une œuvre d’art numérique représentant Joe Biden et Donald Trump nus, pour la modique somme de 6,6 Millions de dollars.

Beeple, CROSSROAD : cette courte vidéo a été revendue sur le marché secondaire pour 6,6M$ en février 2021. 

Vous vous en doutez, il est encore trop tôt pour discerner la réelle robustesse de ce nouveau marché. Toutefois, nombreux sont les indices qui laissent présager un bel avenir pour les NFT, notamment quant à la confiance que l’on peut accorder à ces actifs inédits. En effet, l’accessibilité et l’inviolabilité de la blockchain permettent de garantir à 100% l’authenticité d’une œuvre, ainsi que d’en identifier les transferts successifs. Là où le marché traditionnel de l’art se heurte régulièrement à des problèmes de contrefaçons et des difficultés quant à établir la provenance réelle de certaines œuvres, les NFT offrent une protection sans précédents dans de multiples transactions financières aux montants souvent exorbitants.

Il est également possible de mettre en parallèle l’essor futur des NFT avec celui, plus ancien, des cryptomonnaies. En 2009, année de création du Bitcoin, rares sont ceux ayant osés y investir. Pourtant, près d’une décennie après, le cour de cette monnaie virtuelle, comme beaucoup de ses collègues (dont l’ethereum), ne cesse de grimper. Ces cryptomonnaies intègrent de plus en plus rapidement l’establishment auparavant plutôt réticent à composer avec des nouveaux modes de transaction, injustement considérés comme obscurs et risqués : la vieille maison de vente Christie’s utilise désormais l’Ethereum pour ses transactions de NFT, certains musées bouleversent les codes traditionnelles en achetant des œuvres en Bitcoin…

Un carré animé de l'artiste Pak, vendu en avril 2021 chez Sotheby's pour 14 millions de dollars. 

Enfin, il est nécessaire de mettre en lumière l’avantage considérable qu’offre ce nouveau secteur aux artistes digitaux : les NFT permettent la pérennisation du travail de nombreux artistes, qui, jusqu’alors, ne trouvaient que peu ou pas d’alternatives pour financer leurs longues heures de réalisation numérique, là où les artistes dit « classiques » ; peintres, sculpteurs ou photographes ; peuvent bénéficier des voies traditionnelles de rémunération : vernissages, expositions, ventes directes ou indirectes de leur production artistique matérielle. On peut donc être amenés à penser que ce système vertueux solidifiera l’intérêt des collectionneurs dans le domaine des NFT.

Articles en relation

Artmajeur

Recevez notre lettre d'information pour les amateurs d'art et les collectionneurs