Pas à Vendre

Catherine Lacroix

Les Sabliers, Visuels (2009)

Type d'œuvre
Œuvre d'art originale
Dimensions
63x47,2 in
NOTE D’INTENTION
PROJET ART EN BALADE

CATHERINE LACROIX


« LES SABLIERS »



DEUX OEUVRES QUI SE REPONDENT ET METTENT EN RELATION LA VILLE (L’URBAIN) ET LA NATURE A TRAVERS LA QUESTION DE L’ART ET A TRAVERS LA VISION DE L’ARTISTE QUE JE SUIS.

(voir croquis joints)

Deux structures en bambou sec (élément végétal naturel et détourné par l'homme pour domestiquer la nature en ville, dans ses jardins) réunis en leur centre et disposés en « x », évoquant la forme d'un sablier (un cône supérieur pointe...
NOTE D’INTENTION
PROJET ART EN BALADE

CATHERINE LACROIX


« LES SABLIERS »



DEUX OEUVRES QUI SE REPONDENT ET METTENT EN RELATION LA VILLE (L’URBAIN) ET LA NATURE A TRAVERS LA QUESTION DE L’ART ET A TRAVERS LA VISION DE L’ARTISTE QUE JE SUIS.

(voir croquis joints)

Deux structures en bambou sec (élément végétal naturel et détourné par l'homme pour domestiquer la nature en ville, dans ses jardins) réunis en leur centre et disposés en « x », évoquant la forme d'un sablier (un cône supérieur pointe en bas et un cône inférieur point en haut).

La forme de sablier qu'évoque la structure parle du temps :
Le temps de la nature, qui prend son temps pour pousser, a besoin de temps pour pousser, et nous y soumet lorsqu'on veut d'elle qu'elle pousse.
Le temps de la ville, toujours pressé, à bout de souffle, dans lequel nous ne prenons pas notre temps...
Le temps que nous prenons par contre dangereusement pour réagir en limitant notre dégradation de la nature. A cause de nous cette nature qui aime prendre son temps, voit son temps compté. Nous imposons notre temps « urbain » au rythme lent de la nature.

Nous, citadins, qui ne prenons pas le temps de vivre, que faisons nous lorsque nous souhaitons retrouver un rythme plus agréable? Nous allons nous promener dans la nature : retrouver un temps plus naturel, caler notre rythme sur celui de la nature et caler notre souffle sur l oxygène générée par l'espace naturel que nous avons recréé en ville... Il y a donc bien 2 temps en confrontation permanente.

La base de la structure est constituée d'un « socle », une planche de contreplaqué de 2cm d'épaisseur percée de trous dans lesquels vient s emmancher chaque bambou pour davantage de stabilité.

SABLIER 1 :

L'eau, la terre, sont pour moi les deux éléments communs à l'industrie comme à la nature. L’eau s'écoule comme le sable dans le sablier, comme le temps.

Dans le cône supérieur (pointe en bas) sera installé une « piscine artificielle » évoquant le lac Daumesnil, et plus généralement la domestication de l'eau. Cette piscine artificielle est constituée d'une bâche (nappe type toile cirée en plastique transparent et résistant) tendue entre les bambous de la structure, et épousant la forme d'une bassine. Elle est suspendue comme le temps l’est pour chacun, mais aussi pour la nature.

Dans cette piscine, je dispose de l'eau, et sur la surface de l'eau je dépose dans des petites coupelles transparentes en plastiques (flottantes) des pigments de couleur.
Le pigment est la graine de la peinture, il est issu de matières naturelles et travaillé par l industrie, il donne une matière première à l'artiste pour que celui ci fabrique sa peinture avec de l'eau et du médium. Ces coupelles chargées de couleur pure seront esthétiques et ludiques, ainsi que symboliques. L'art flotte toujours au dessus des choses, bien qu'étant ballotté par les évènements du monde, et l'art naît du métissage du naturel et de l'urbain en l'homme.

Je fais aussi flotter des fleurs naturelles et artificielles (en papier de bonbons) sur la surface de cette eau naturelle (j’ai recueilli de l'eau de pluie pour préparer l'oeuvre) et artificielle car capturée, comme un lac ou un bassin le fait en ville. Les fleurs naturelles rappellent la chute naturelle des fleurs sur la surface de l'eau, et les pétales artificiels rappellent à quel point l'homme a besoin de la nature au point d'aller l'imiter (industrie des fausses fleurs) et artistiquement (artistes). Ces fleurs artificielles sont réalisées avec un papier de bonbon : elles rappellent la présence de déchets dans nos villes, dans notre nature (urbaine ou non, puisque même dans la campagne la plus reculée l'homme laisse ses traces sous formes de déchets industriels, et la ville est bien le lieu d’usage privilégié des produits industriels). Néanmoins ces fleurs artificielles ne sont pas moralisatrices : en effet j'ai détourné ce papier de bonbon en fleur afin de rappeler que même les rebuts peuvent nourrir une démarche artistique et esthétique. Elle flotte et se marie à la nature, mais si elle coule elle deviendra par contre un élément de pollution invisible dans un lac. Ici mon espace aquatique est transparent : rien n'échappe à l'oeil du spectateur. Même s'il est compris dans une structure qui peut rappeler la « prison » (les bambous), mon lac est maintenu par ces bambous : c'est grâce à la structure que la ville propose à l'eau, et à la nature qui l'accompagne souvent, que l’on profite de sa présence en ville. Sa présence est un choix.

Dans ce bassin artificiel j ai souhaité la présence d’un poisson rouge : il rappelle la faune urbaine et le besoin que l’enfant qui dort en chacun de nous a de voir évoluer chez lui un être vivant, issu de la nature. Il est une présence ludique, fraîche, apaisante et esthétique. Néanmoins, dans cet espace qui le prive de sa liberté uniquement pour le plaisir de nos yeux, il manquera d'air assez vite. C'est pourquoi, le temps de la journée, il restera dans mon espace, mais sera relâché ensuite dans un bassin où il pourra vivre.

Au fond du cône supérieur, dans la pointe, il y des feuilles mortes qui symbolisent les saisons (le temps qui passe) et qui deviendront de l’humus, de la terre. Ma structure évoquant le sablier parle aussi de la désagrégation des choses. La terre située sous l’amas de feuilles symbolise le produit de cette désagrégation. La terre est aussi base de tout : nature et ville. Tout est dégradable et finit à l’eau et en terre : la nature, la veille et même l’art…

Sous ce tas de terre il y a le plan de Paris. Paris est le lieu et le support de cette oeuvre, le lieu et le support de la Promenade plantée, le lieu et le support du quartier, des habitants de ce quartier, de ma maison, de mon quotidien, de ma vie et donc de mon travail d'artiste.
Ce plan est néanmoins posé sur le sol donc la terre, qui reste la principale et première existence concrète.

Autour de ce plan, autour de cette oeuvre, pousse un « cadre verdoyant » réalisé simplement avec des végétaux repiqués sur une fine bande de terre.

J'ai fait grimper quelques plantes pour revendiquer le droit que la nature reprend toujours.

SABLIER 2 :

En face de cette oeuvre, de l’autre coté du chemin, il y a sa petite soeur qui elle, avec une même structure en bambou reliés par le centre comme une gerbe de blés, comme un bouquet de crayons de couleur, propose une oeuvre dans ses bras, dans ses branches, dans sa structure : une production personnelle représentant la coulée verte au pastel et peinture. Cette oeuvre est traversée littéralement par l'armature en bambou. Elle est portée par cette structure en bambou à la fois urbaine et naturelle, végétale et industrielle, qui rappelle, outre le sablier, les huttes, une forme d’habitation primitive des hommes, et elle évoque aussi le tuteur pour la plante.

Or nous sommes bien aujourd’hui les tuteurs de la nature, nous sommes ceux qui doivent veiller sur elle, alors que celle qui nous a nourris, nous a porté et nous a donné vie c’est elle, notre tutrice, elle sans qui nous ne saurions vivre. Celle sans qui nous ne pourrions pas créer. Les peintures rupestres ont été réalisées grâce à la nature sur la nature par l’homme. L'oeuvre qui est traversée par la structure en bambou est donc étroitement liée à elle, à la ville à la nature qui conditionne son apparition.

Dans le bassin artificiel, l’eau est cette fois tirée du robinet. Je l’ai teintée en bleu pour symboliser son côté « eau désinfectée », et pour évoquer le « jus », cette eau teintée de peinture qu’utilisent les artistes, ou qui reste après leur travail.
Des pinceaux trempent dans cette eau. En bois, en poil d’animal, ils sont eux aussi des éléments mi naturels, mi manufacturés.

Les poissons rouges sont remplacés par un canard en plastique (faune du bain et référence un peu « pop » actuelle). Les feuilles mortes du Sablier 1 sont remplacées par les feuilles mortes de l’artiste : croquis froissés.

Le tas de terre et le plan, le cadre verdoyant, la plante grimpante (sûrement une passiflore, aux vertus apaisantes, destressantes, et à la fois très esthétique et comestible) et les assiettes de pigments restent identiques au Sablier 1.



Vu de dessus les 2 bassins évoquent à la fois la goutte d’eau, la cellule, la palette, la pupille, et la Terre vue d’en haut, sur un fond de plan de terre et de verdure.

Les 2 sabliers postés chacun d’un côté du chemin ou côte à côte sur un trottoir (espacés d’au moins 2 mètres) se répondent et représentent ma vision de l’art qui sème en ville et s’aime en ville. C’est une œuvre symbolique, esthétique et ludique.
Catherine Lacroix
Suivre
France

Voir plus de Catherine Lacroix

Pas à Vendre
7,9x11,8 in
217,23 $US
21,3x25,6 in
733,9 $US
8,3x10,6 in
143,59 $US

Artmajeur

Recevez notre lettre d'information pour les amateurs d'art et les collectionneurs