Toutes les astuces pour prendre soin de votre collection d'Art

Ajouté le 23 avr. 2021 - 8 minutes de lecture

Que vous choisissiez d’acheter de l’art pour investir ou pour satisfaire votre quête d’esthétisme, il est primordial d'apporter un soin particulier à la conservation de vos œuvres afin d’éviter les dégâts liés au temps ou à d'irréversibles erreurs. 

Aujourd’hui, nous vous partageons des astuces essentielles pour chérir votre précieuse collection d’art.

Honoré Daumier, The Painting-Lovers, 1860-1865. Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.

1. Pour les tableaux, toiles sur châssis et équivalents

  • Le choix du bon emplacement d’accrochage

Comme vous pouvez vous en douter, la peinture, même vernie, peut être amenée à subir des détériorations liées à différents facteurs environnementaux. Il est donc nécessaire d’apporter une particulière attention à l’emplacement d’accrochage de votre œuvre favorite, mais aussi d’apporter un grand soin aux œuvres stockées lorsque vous ne disposez pas de suffisamment d’espace sur vos murs pour présenter l’intégralité de votre collection.

Le pire ennemi de votre toile, c’est certainement le soleil. Pour éviter les fissures et décolorations inconvenantes, n’exposez jamais (ou seulement durant de courtes périodes) vos œuvres à la lumière directe du soleil. L’environnement global autour de votre toile devra également être contrôlé : vos tableaux peuvent en effet rapidement accumuler une fine couche de poussière (nous y reviendrons), et de polluants de toutes sortes : des particules de fumée de cigarette (jaunissement), d’huiles de cuisson, ou encore des tâches et déjections d’insectes. Il est évidemment impossible d’écarter votre collection de toutes ces potentielles dégradations, mais disposez là de manière à ce qu’elle soit le moins possible en contact avec ces générateurs de saletés : on évite donc les œuvres trop onéreuses dans la cuisine ou à proximité, et dans le salon si vous êtes fumeur.

Il est également préférable d’éviter les atmosphères trop brutales pour la préservation de vos œuvres. En effet, l’humidité, la chaleur ou le froid extrême peuvent créer des craquelures et plissements non désirées sur vos œuvres préférées. On oublie donc les salles d’exposition dans un grenier sans chauffage et/ou climatisation, dans une cave ou dans tout autre espace dans lequel les saisons altèrent brutalement la température. Il est également recommandé de ne pas accrocher de toiles de valeur au-dessus d’un radiateur.

Marta Zawadaska, Moon, 2021.

  • Entretien et conservation

La poussière, par contre, c’est inévitable. Pour résoudre ces désagréments qui s’accumulent discrètement mais sûrement sur la surface de vos toiles, un nettoyage délicat avec un chiffon doux et propre devrait être suffisant, si vous ne constatez pas de craquelures sur la surface de la toile. On évite à tout prix le recours à l’eau et au produits ménagers qui pourraient endommager peinture et verni.

Vous souhaitiez un cadre pour sublimer votre chef-d’œuvre ? Les professionnels recommandent d’éviter les encadrements sous verre, qui empêchent la toile de respirer. En optant pour un cadre simple (sans verre), ou dans un cadre spécifique en PVC (plexiglass), vous éviterez ainsi les problèmes d’humidité et de condensation, notamment lorsque vos toiles subiront de légers changements atmosphériques tout au long de l’année.

  • Astuces de stockage

Lorsque vous stockez vos tableaux, qu’il s’agisse de renouveler leur exposition, ou bien de les préparer à un transport, veillez à ce qu’aucun objet n’appuie contre la surface de la toile. Les toiles classiques (en coton et en lin) ont tendance à se détendre sous l’effet du poids. Même lorsqu’il s’agit d’objets légers et d’apparence peu pointus, un contact répété avec la toile pourra avoir d’intenses conséquences sur la rigidité de votre œuvre. Dans cette logique, évitez également d’empiler vos œuvres à plat, les unes sur les autres, lorsque vous les entreposez. Quelques morceaux de cartons entre chaque pièces stockées debout peuvent suffire à garantir la conservation idéale de vos chefs-d’œuvre.

Puisque les toiles sont faites de matériaux qui respirent, on se passera également du recours au plastique (caisses, sachets zip…) pour le stockage. Pour remiser vos œuvres ou les couvrir pendant une longue période d’absence, on vous recommande l’utilisation de draps en coton, qui, en plus d’éviter l’apparition de moisissures comme avec les caisses en plastique, permettent aussi d’empêcher l’accumulation naturelle de la poussière.

Oleksandr Balbyshev, Chris, 2017. 

2. Pour les œuvres sur papier : estampes, gravures, lithographies et équivalents

Pour le bien de vos lithographies et autres œuvres sur papier, nous vous recommandons là aussi de les mettre à l’abri de la lumière directe du soleil. On évite également les emplacements trop humides ou trop chauds : le papier est fragile et peut, à termes, s’effriter lorsque vous déciderez de le retirer de son cadre.

Salvador Dali, Les Songes Drolatiques de Pantagruel, 1973. 

Pour l’encadrement, nous vous conseillons d’investir dans du verre antireflet, traité contre les rayons UV. Cela protégera votre œuvre des effets néfastes des rayons du soleil, et cela permettra également une contemplation plus agréable de votre œuvre. Le passe-partout, le dos de votre cadre et les potentiels adhésifs de finition doivent également être sans acide, afin d’éviter que l’humidité n’atteigne votre estampe et l’endommage.

3. Pour les sculptures en bronze, en bois et en métal

L’entretien d’une sculpture dépend majoritairement de ce dont elle est faite. Vous vous en doutez : une sculpture en marbre sera naturellement plus facile à nettoyer et conserver qu’une sculpture en carton.

  • Pour les sculptures en bronze 

Le bronze est un matériau peu fragile, qui traverse facilement les siècles. Toutefois, nous vous conseillons d’éviter les emplacements trop chauds, trop froids, ou trop humides. Cela pourrait modifier la couleur de la patine (surface du bronze), qu’il est essentiel de préserver si vous ne souhaitez pas faire appel à un professionnel de la restauration avant une potentielle revente.

Raffaella Benetti, Danzatrice

Les sculptures en bronze n’ont généralement pas besoin d’être nettoyées, en dehors d’un dépoussiérage périodique avec un chiffon doux et propre, ou avec un aspirateur. Si vous souhaitez faire disparaitre une tâche sur votre bronze, vous pouvez utiliser un savon doux avec un peu d’eau, mais on évite le recours aux produits ménagers dont les compositions obscures peuvent être incompatibles avec la patine de votre sculpture.

  • Pour les sculptures en bois

Contrairement au bronze, le bois est un matériau beaucoup plus fragile et soumis aux altérités de son environnement, notamment lorsqu’il n’est pas verni. Si vous venez de faire l’acquisition d’une sublime sculpture en bois, ne négligez pas ces différents points :

  • On évite les emplacements trop humides et trop secs, à proximité des radiateurs, bouches d’aération et climatisations. Le bois est une matière hygroscopique : il absorbe l’humidité naturellement présente dans l’air. S’il fait trop humide, le bois gonfle, et s’il fait trop sec, il se rétracte.

  • On évite les emplacements à la lumière directe du soleil : le bois se décolore facilement, et les rayons du soleil font vieillir prématurément le verni. Rien de très réjouissant pour la conservation optimale de votre sculpture, donc.  

  • Installez votre sculpture sur une étagère, un socle ou un piédestal. Les insectes sont les pires ennemis d’une sculpture en bois. En rompant les liens entre votre sculpture et le sol, vous évitez ainsi l’accès aux insectes rampants, qui font souvent le plus de dégâts. Inspecter régulièrement votre sculpture vous permettra également de vous prémunir contre une infestation non désirée et une dégradation irréversible de votre œuvre.

Cécile Devezeaux De Lavergne, Bouddha, 2013.

Enfin, concernant l’entretien régulier de votre sculpture, nous vous conseillons de la dépoussiérer avec un chiffon doux si elle est lisse et/ou vernie. Dans le cas contraire, on optera plutôt pour un pinceau à poils doux, afin d’éviter que les fibres de tissu s’accrochent aux aspérités de votre œuvre. Quoi qu’il arrive, n’utilisez jamais d’eau et de produits ménagers pour nettoyer votre sculpture en bois, aux risques de lui faire subir des dégradations irréversibles.

  • Pour les sculptures en métal

Entretenir une sculpture en métal est un jeu d’enfant, puisque ce matériau est d’une résistance hors pair face aux altérations du temps et aux maladresses. Toutefois, si vous constatez des impuretés sur votre sculpture (traces de doigts, tâches), nous vous conseillons vivement de toujours dépoussiérer votre œuvre (avec un chiffon doux et propre) avant de la nettoyer plus en détail. Cela évitera l’abrasion et l’apparition de rayures sur la surface de votre sculpture.

Ase, Brass Made Crane Birds on Wall 4 Birds.

Plus généralement, et même si cela peut sembler évident pour certains d’entre vous, nous vous recommandons de vérifier périodiquement l’état de vos œuvres. Il arrive souvent que l’on installe une œuvre, et qu’après quelques temps on oublie son existence. Si l’œuvre subit des décolorations ou des craquelures, c’est certainement qu’elle n’est pas placée au bon endroit. Agir rapidement permet de minimiser les dégâts avant que ceux-ci ne deviennent irréversibles.

Enfin, si vous constatez un dommage sur une toile de valeur (déchirure, détente, craquelures…), il est souvent préférable de faire appel à un professionnel plutôt que d’essayer de la réparer vous-même. Une réparation mal effectuée peut réduire considérablement la valeur d’une œuvre d’art, et il serait dommage de perdre du temps et de l’argent dans une opération qui pourrait facilement être effectuée par un professionnel disposant de l’expertise et des outils nécessaires pour réaliser une réparation de qualité sans altération de la valeur de votre acquisition artistique.

Artmajeur

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