Top 8 des Œuvres Reposantes pour Calmer votre Anxiété

Ajouté le 26 mars 2021 - 8 minutes de lecture

Félix Vallotton, Femme couchée dormant, 1899, collection particulière. 


Vous avez tendance à succomber à la panique ? Vous êtes préoccupé par les troubles du contexte actuel ? Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul. Et aujourd’hui, on va se détendre en appréciant les chefs d’œuvres les plus décontractés de l’Histoire de l’art. Installez-vous bien, décontractez vos muscles, lâchez prise : après tout, ce mail urgent peut bien attendre, non ?

Parfois l’art est vecteur de tendresse et de relaxation. Regardez ces scènes, regardez ces personnages, transférez votre âme dans la leur, et profitez de l’instant. Reposez vous un petit moment, vous l’avez bien mérité !

1. Félix Vallotton, La Paresse


Nous débutons ce classement sereinement avec cette gravure paresseuse réalisée en 1896 par l’artiste suisse Félix Vallotton. Cette œuvre témoigne du profond avant-gardisme de son créateur : bien que le procédé utilisé pour réaliser cette composition soit très ancien (xylographie), le thème et les motifs choisis semblent particulièrement modernes pour une œuvre créée tout juste avant que ne sonne le glas du 19ème siècle. Pour rappel, la seule révolution picturale se cantonne aux succès de l’impressionnisme, en plein âge d’or à cette époque.

On y découvre une demoiselle détendue, batifolant sur un lit drapé de couvertures aux motifs géométriques. La tête dans une montagne d’oreillers moelleux et les jambes en l’air, elle taquine un chat dressé sur ses pattes arrière. Unis par la candeur immaculée de leurs corps, ces deux complices reflètent la liberté désinvolte. Un parallèle intéressant si l’on compare ces compagnons de sieste à la condition des artistes à cette période, qui s’émancipent davantage de l’académisme et des normes de la morale bourgeoise. Désormais, les artistes peuvent laisser s’épanouir leur créativité et imposer leurs volontés, n’étant majoritairement plus dépendants de riches mécènes de toutes sortes.

2. Hippolyte Flandrin, Jeune homme nu assis au bord de la mer


Qui a dit que les peintures académiques étaient ennuyeuses ? Ce jeune homme nu en position fœtale, réalisé à Rome en 1836, emmène le spectateur dans un songe aussi lascif qu’introspectif. Conservée au musée du Louvre, c’est certainement l’œuvre la plus connue de l’artiste lyonnais Hippolyte Flandrin.  Si l’on s’intéresse aux émotions de ce mystérieux protagoniste, les questions sans réponses s’accumulent : est-il mélancolique ? est-il triste ? est-il en pleine réflexion ? Son esprit se repose-t-il ? Le paysage et le cadre idyllique de cette composition méditerranéenne nous font pourtant douter de son spleen. Considérons alors qu’il s’agit d’un simple repli sur soi, aussi réparateur que désirable : imaginez si vous y étiez…

 3. Henri de Toulouse-Lautrec, Le Lit


Cette œuvre réalisée en 1892 par l’artiste français Henri de Toulouse-Lautrec ressemble à un doux repos dominical. Pourtant, cette peinture dissimule plus d’audace qu’il n’y parait : ces deux compagnons endormis sont des femmes, prostituées et homosexuelles. Les bordels parisiens étaient le terrain de jeu favori de cet artiste mondain, qui a réalisé une centaine d’œuvres inspirées de scènes de vie étranges et profondément modernes ayant lieu dans ces curieux espaces de liberté.

4. John William Godward, Expectation


En 1900, l’artiste anglais John William Godward réalise cette œuvre enchanteresse. On y contemple une femme allongée de manière lascive. Sur un grand balcon méditerranéen en marbre, elle est étendue sur une peau de tigre (badass), habillée d’un délicate robe couleur saumon, elle tient un éventail en plumes noirs dans sa main gauche. En dehors d’une facture particulièrement agréable pour les yeux, cette œuvre ne défend rien d’autre que le romantisme d’une illusion de vérité. Parfois, c’est largement suffisant pour être apprécié : qui n’aimerait pas se prélasser, rien que quelques minutes, au soleil sur ce banc de marbre blanc ?

 5. Van Gogh, La Méridienne


La sieste n’est pas seulement l’apanage de la grande bourgeoisie, et cette œuvre réalisée en 1890 par Vincent Van Gogh nous le rappelle avec vigueur. La composition est un hommage à Jean-François Millet, artiste réaliste qui peignit un couple de paysans endormis en 1866, relativement identique à celui dépeint par l’artiste hollandais. Van Gogh s’inscrivait lui aussi dans les motivations des réalistes, dont Gustave Courbet, auteur des célèbres tableaux L’Origine du Monde et Les Casseurs de Pierres (déjà évoqué dans notre Article sur 5 Chefs-d’œuvre Portés Disparus), était le chef de file.
Ce mouvement artistique antiromantique est né de la fougue de plusieurs artistes, particulièrement agacés de ne voir représenter en peinture que des paysages idéalisés, des natures mortes et des portraits de bourgeois. En abandonnant l’utopie chimérique et la quête de perfection, ils décident donc de peindre le vrai monde, la vraie vie, celle des paysans et des ouvriers, celle des corps disgracieux et des visages tannés par le soleil.
Même si Van Gogh a commencé la peinture quelques décennies après l’âge d’or réaliste, sa condition ne pouvait en faire qu’un véritable partisan. N’ayant vendu que quelques toiles de son vivant, il survivait dans la pauvreté et la débauche au contact permanent du « petit peuple », dont il faisait intégralement parti. Le titre de ce tableau, La Méridienne, n’est pas une référence aux divans mondains que l’on retrouve dans les villas bourgeoises et les cabinets de psychologie. Il s’agit d’un terme désuet qualifiant une sieste en milieu de journée. Et il est bien malheureux que nous n’utilisions plus ce terme, qui pourrait pourtant légitimer notre petit coup de barre digestif.

 6. Winslow Homer, The Gulf Stream


Est-il possible d’être paisible en toutes circonstances ? Pour l’artiste américain Winslow Homer, ces deux conceptions sont tout à fait conciliables, et il nous en délivre la preuve avec cette œuvre réalisée en 1899. Le titre provient d’un puissant courant océanique, le Gulf Stream, qui s’épanouie entre la Floride et les Bahamas.  On y surprend un homme sur une embarcation précaire en pleine tempête, entouré de requins plus ou moins morts dans le creux d’une vague. Un scénario qui appelle à la plus grande panique. Pourtant, l’homme apparait détendu, paisible, installé comme s’il s’apprêtait à bronzer. En zoomant sur l’œuvre, on découvre un étrange trait blanc au niveau de son torse : par une lecture très contemporaine, on dirait presque qu’il porte des écouteurs, et qu’il déguste le meilleur album de Michael Jackson (Off the Wall, sans aucun doute). Si vous avez tendance à céder à la pression, inspirez-vous donc de cette nonchalance méditative.

L’œuvre ne résulte d’aucun fait divers connu, elle est simplement issue des songes de l’artiste, qui a traversé à de nombreuses reprises le Gulf Stream, et qui était également passionné d’évènements marins. Et si vous aussi, vous vous interrogez quant à l’avenir de ce personnage, aussi téméraire qu’imaginaire, voici la réponse qu’en donna Homer, à l’occasion d’un question vexante lors d’un vernissage : « Vous pouvez dire à ces dames que le malheureux homme qui est maintenant si étourdi et si éméché, sera sauvé et ramené à ses amis et à sa maison, et qu'il vivra heureux pour toujours. »Alors, heureux ?

 7. Mary Cassatt, Petite Fille dans un fauteuil bleu


Cette œuvre, réalisée en 1878 par l’impressionniste franco-américaine Mary Cassatt avec l’assistance du non moins célèbre Edgar Degas vous fera renouer, non l’espérons, avec les réjouissances du temps libre de votre âge tendre. Lorsque vous n’étiez encore qu’un frêle chérubin dont les seuls motivations étaient de rire, manger, vous prélassez et vous assoupir. On y découvre une fillette, habillée selon les standards bourgeois de l’époque, mais dans une position profondément anti-mondaine. Les yeux baissés, elle semble indifférente au regard des autres, aux reflets de son apparence. Et rapidement, son arrogance affirmée devient enviable.

Après observations, on y analyse souvent certaines ambitions féministes : le point de vue de cette œuvre est très particulier : le cadrage est bas, au niveau de l’enfant. Les fauteuils sont larges et hauts, comme s’ils étaient perçus par une personne de petite taille. Ils apparaissent alors comme des obstacles rembourrés, d’immenses restrictions de douceur. On peut y voir une allégorie de la vie domestique à cette époque : l’émancipation de la femme ne pouvait s’exprimer qu’à travers l’éducation de ses enfants et la bonne gestion de son foyer. Les prisons n’ont pas toutes des barreaux…

 8. Frederic Leighton, June Flamboyante


Cette œuvre du peintre et sculpteur anglais Frederic Leighton, réalisée en 1895 dans le plus pur style préraphaélite est une véritable ode à la paresse. On y découvre une femme, élégamment vêtue d’un voile orangé, dans une position aussi tortueuse que vraisemblablement confortable, dont seul l’esprit facétieux de Morphée a le secret. L’artiste a puisé son inspiration dans le thème des nymphes endormies (les naïades), très apprécié dans la statuaire grecque. Il s’est également inspiré de l’une de ses sculptures préférées, La Nuit de Michel-Ange, qu’il allait régulièrement contempler dans le tombeau des Médicis, au cœur de la basilique San Lorenzo à Florence (Italie).   

 

Et voilà, le repos est terminé, vous pouvez vous y remettre. Si vous n’avez pas l’intention de freiner cet élan de tranquillité, profitez-en pour découvrir notre Collection d’Œuvres Relaxantes, disponibles sur Artmajeur.
Et si l’envie persiste après cela, alors faites une bonne sieste !


Bastien Alleaume
Content Manager - Artmajeur Online Art Gallery 


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