Ajouté le 10 oct. 2019 | Commentaires

FRÉDÉRIC PAUL

Photographe à la manière des peintres anciens

Frédéric Paul travaille la photo comme d’autres travaillent la peinture à l’huile : par « glacis » successifs, permettant de superposer et intégrer dans son œuvre différentes textures, palettes, motifs. Il en résulte un travail spécifique auquel l’artiste a choisi d’apposer un nom spécifique, la pinxophotographie. 

Devant une œuvre de Frédéric Paul, on ne sait trop à quoi on a affaire en matière de technique : du dessin ? de la peinture ? de la photo ? En revanche, on saisit tout de suite l’univers dans lequel l’artiste veut amener le regard : « j’aime travailler sur la réminiscence ou l’évocation. Dans le cerveau, la mémoire est stockée comme un mille-feuille d’images dont l’ordre, la succession ou la prééminence des sujets est déroutant. Mes compositions sont d’une architecture similaire».

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Pour parvenir à donner cette apparence de plongée dans la mémoire, Frédéric Paul a choisi de créer sa propre technique, qu’il a mis au point après avoir beaucoup voyagé, photographié et analysé des œuvres d’art… Et il lui a donné un nom dont l’étymologie permet de comprendre la démarche : la pinxophotographie.

« Je pars d’un écran vierge, fais des dessins sous-jacents, puis, comme pour une peinture à l’huile, je rapporte des touches de textures, de motifs, de formes et de couleurs, si ce n’est qu’au lieu de tremper mon pinceau dans des tubes de peintures, je prélève des pixels d’image puisés dans ma banque de données de photos personnelles. La composition se construit alors par superposition de glacis plus ou moins transparents».

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L’artiste ne fait pas mystère de cette technique et montre sur son site quelques vidéos permettant de visualiser toutes les étapes de la création d’une œuvre. La technique de juxtaposition des touches est simple. C’est la richesse de la palette qui en fait la complexité.

Chaque composition s’inscrit dans une série, un thème de réflexion sociétal, musical ou scientifique et donne une image-mémoire, une évocation ou un billet d’humeur de la question abordée. Certaines de ces séries ont donné lieu à des livres : Maniérisme, People, Jazz, Atmosphères.

ad-limp.jpgLe besoin d’alterner ou combiner écriture et image ne date pas d’hier pour Frédéric Paul, qui varie entre description et évocation, en utilisant parfois la poésie, parfois la pinxophotographie, parfois encore la prose romanesque.

A 23 ans, il édite un recueil de poésie, puis écrit un scénario puis des nouvelles, avant de publier un roman chez Julliard. Plus récemment, l’artiste a sorti un livre, ovni dans l’édition à tel point que les libraires ne savaient trop dans quel rayon le ranger : Alice in Lenscape, « une expérience narrative et artistique, un roman pictural » comme le définit l’artiste : en gros, une histoire qui accompagne l’image, mais des images (200 au total !) qui se nourrissent également du texte, les deux avançant de concert vers la construction du récit. 

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Aujourd’hui, il met la dernière main à un nouveau roman, sans image cette fois… même si ce nouvel ouvrage aura pour héros un peintre.

Photo, texte, peinture… Frédéric Paul aime à mélanger les genres, et utilise avec autant d’aisance le stylet ou le stylo.  Texte : A.D

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Frédéric Paul a eu une carrière variée avant de se consacrer à la création littéraire et picturale. Ce Parisien né en 1950, diplômé de l’Essec, se retrouve entre autre professeur de créativité à l’Escae de Montpellier, avant de diriger des filiales à l’étranger, notamment en Asie. En parallèle de son travail, il voyage dans de nombreux pays et en photographiant de manière assidue ce qui le touche, il jette les bases d’une banque d’images personnelles qui va constituer sa palette.

A 33 ans, il décide de quitter le monde de l’entreprise, et se forme à l’analyse d’œuvres d’art en Toscane. En 1985,  il fonde la société Art Analysis & Research à Hong Kong qui réalise des analyses scientifiques d’œuvres d’art en Asie, notamment pour Christie’s. Les analyses couvrent la micrographie (bois, jades), la radiographie (céramiques, bronzes), la thermoluminescence (datation des poteries). En 1989, Art Analysis adjoint à ses activités d’analyse, le conseil en oeuvres d’art, le montage d’événements contemporains et d’expositions (Sérusier) avec des bureaux à Tokyo et Paris.

Au début des années 2000, il s’installe en Gascogne et se consacre entièrement à la création. Une création qu’il développe dans la continuité de l’analyse scientifique d’oeuvres d’art et qui vise là aussi à faire ressortir des éléments cachés au-delà du visible. Une approche qui aboutit à des compositions qui sonnent comme des évocations. 


protection des images Art numérique pinxophotographie texture

Ajouté le 24 sept. 2019 | Commentaires

ALBERTO SAKA

En tant que Vénitien, Alberto Saka vit évidemment au plus près de l’eau, de ses reflets, de sa lumière. Et c’est finalement ces impressions changeantes qui l’influencent le plus en tant qu’artiste.

L’eau… sa lumière changeante, son courant, ce qu’elle charrie volontairement ou pas…les horizons qu’elle laisse apparaître.

Voilà les sujets de prédilections d’Alberto Saka.

Quand il peint la mer et qu’il laisse apparaître le ciel, aucune Basilique Saint-Marc, aucun Palais des Doges ne viennent caractériser davantage les lieux. C’est la mer, comme il peut la voir à Venise, mais comme un Ecossais ou un Portugais pourraient également la percevoir, un autre jour sur un autre rivage…

Tout est question d’horizontalité, de reflet, de lumière.

La toile flirte clairement avec l’abstraction. On est finalement davantage dans la filiation d’un Mark Rothko avec ses aplats de couleurs, que dans celle des grands vedutistes italiens.

Parfois, des formes rapidement esquissées laissent deviner des embarcations, de la végétation, éventuellement quelques constructions, mais là encore, pas question de définir trop précisément ses formes. 

L’artiste cherche avant tout des sensations, et utilise pour cela au mieux ses outils : les pinceaux, dont les traces sont apparentes, la couleur, avec une palette très variée, qui évoque aussi bien la brume hivernale que la chaleur de plomb estivale. Dans certaines œuvres, il passe du noir et blanc à la couleur, donnant une sensation trouble et équivoque : c’est la vie qui… au choix apparaît ou disparaît au gré de l’état d’esprit du spectateur.

Alberto Saka parvient, avec parfois une très grande économie de moyens, à rendre ainsi compte de l’extrême diversité du milieu aquatique, chez lui ou ailleurs. Car finalement, Venise n’est pas en Italie, Venise c’est chez n’importe qui…  Texte :  A.D  

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Découvrez son travail ( 114 œuvres )


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SAKA
Italie


mer lagune venise gondole abstrait bleu eau

Ajouté le 20 sept. 2019 | Commentaires

SALVATORE AVALLONE

Son désir a toujours été de servir Dieu, sa passion la photographie. Après avoir longtemps conjugué les deux c’est finalement dans l’océan Indien sur l’île de Madagascar que Salvatore Avallone a “posé ses objectifs”.

Après avoir commencé des études à l’université, Salvatore Avallone décide de passer de la « physique de la matière » à celle de l’esprit en devenant prêtre. Il étudie alors la philosophie, la théologie et l’éducation; domaines qui vont l’occuper pendent plus de trente ans. Il va s’occuper de nombreux projets avec des enfants en Italie, puis à partir de 2000 à Madagascar où il est nommé missionnaire. À 52 ans, suite à des profondes divergences sur l’interprétation de textes religieux fondamentaux et pour rester en cohérence avec ses idées, il quitte l’habit de prêtre et se marie, se retrouvant alors sans argent, sans toit ni travail. De cette union naquirent deux enfants.

La photographie a toujours été sa passion depuis sa tendre jeunesse. Il se souvient même avoir été blâmé pendant ses études au séminaire pour passer trop de temps à la photographie. Il allait ainsi régulièrement voir les expositions de l’Agora à Turin et achetait des livres : Weston, Kertetz, Rodchenko, Brandt. C’est à cette période qu’il a réalisé sa première série de photos abstraites.

Photographier à Madagascar et dans la brousse est un exercice difficile. Dans beaucoup d’endroits la photographie est taboue. Il faut alors faire attention ! Un jour un homme a lancé contre lui une charrette tirée par deux bœufs car il ne voulait pas être pris en photo. Certains refusent d’être pris en photo car ils ont peur que la photo puisse être utilisée contre eux par des sorciers. Mais d’autres acceptent cela plutôt bien.


Beaucoup de ses photos sont prises directement sans regarder dans le viseur, l’œil se focalisant alors sur la scène elle-même. C’est ce qui permet de photographier d’une façon simple, directe, en saisissant la spontanéité de l’expression, du geste, ou de la composition de la scène qui se présente.


Son travail photographique se base sur une recherche personnelle. De par sa formation l’Homme l’a toujours intéressé, comme un être qui cache un potentiel qui va au de la de l’apparence. Mais dit-il : « Si je devais trouver un dénominateur commun à mes photos, alors je dirais que c’est : La Vie ».

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Découvrez son travail ( 251 œuvres )



Photographie Madagascar enfants jeux marché mer océan

Ajouté le 20 sept. 2019 | Commentaires

HELENE PICARDI

Rencontre avec Hélène Picardi, déclencheuse d’imaginaire en perpétuelle expérimentation

Diplômée de l’École Nationale d’Arts Plastiques, Saint Charles, Paris la Sorbonne. Hélène Picardi enseigne les arts plastiques depuis 1986, aux EMA (écoles municipales artistiques) de Vitry-sur-Seine. Une école pas vraiment comme les autres où les genres artistiques (danse, musique, arts plastiques) se mélangent et où les élèves peuvent allègrement passer d’une discipline à l’autre.

Son inspiration ?

Un son, une situation drôle, un regard en coin, une catastrophe, un sourire,

Ou encore, cela peut venir d’une pluie de couleurs sur un reflet d’automne ou la silhouette d’une démarche rapide vue d’en dessous..., des situations improbables !! Tout ce qui « titille » ses sens pour comprendre et communiquer. C’est la raison pour laquelle en plus de son travail d’artiste, elle intervient dans les écoles et anime des ateliers avec des jeunes. Contactée par le Centre Social Danube (Paris – 19e arrondissement) pour un projet alliant recherche scientifique et artistique, elle s’est montrée enthousiaste à l’idée d’encadrer un groupe d’enfants de 8 à 12 ans issus d’un quartier réputé difficile – problèmes sociaux, économiques et urbains. Avec l’aide de l’artiste Patrick Clerc et de l’archéologue Philippe de Carlos, Hélène Picardi a accompagné ce petit groupe pendant 6 mois. Le projet était de réaliser une fouille archéologique et de valoriser artistiquement les « trésors » enfouies sous terre.

Les enfants ont donc enfoui sous terre divers déchets, puis avec l’aide de l’archéologue, ils ont procédé à une fouille et ont réalisé des carottages stratigraphiques – découvrant et expérimentant scientifiquement en s’amusant le travail d’archéologue.

Les artistes ont ensuite pris le relais afin de valoriser les artéfacts trouvés et les carottes stratigraphiques. Dans ces carottes fut coulé du plâtre afin de former une sculpture totem et de fixer les artéfacts entre eux. Puis, à l’aide d’outils, les enfants ont commencé à sculpter ces carottes totems en grattant le plâtre et en faisant ressortir les artéfacts colorés cachés dans le plâtre. Ces réalisations ont permis aux enfants de relativiser la notion de « déchet ». Ainsi il peut être vu comme un simple déchet, ou bien sous l’angle scientifique comme un artéfact – notons au passage que ce mot scientifique dérivé du latin contient le préfixe « art » – ou bien encore comme un élément au service de leur imagination et de la création avec un caractère esthétique.

L’ensemble de leur création fut ensuite exposé à la Galerie Cécile Charron (75015 Paris). À l’unanimité les enfants ont décidé que la vente de leurs créations bénéficierait à une association humanitaire engagée auprès des enfants.

Outre avoir acquis des connaissances scientifiques, artistiques en s’amusant, cette expérience a profondément marqué et changé tous ses participants – enfants et intervenants. Depuis certains d’entre eux suivent une voie artistique grâce à cette « porte » qui leur a un jour été ouverte.

C’est une des raisons pour laquelle l’art est entré dans ses sens. Et aujourd’hui, son goût pour la recherche sillonne sa vie. Démarche ludique, réflexions, plaisir et point de vue curieux sont à l’honneur dans son travail, laissant l’expérimentation des matières et des techniques diverses les révéler.

Tel un fruit que l’on pèle infiniment, en perpétuelle transition, Un perpétuel laboratoire de vie où les enfants, quel que soit leur âge, leur sexe ou leur milieu social ne sont pas exclus. Et ils le lui rendent bien !

VOIR LE TRAVAIL DE HELENE PICARDI →

Découvrez son travail ( 116 œuvres )



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Ajouté le 12 sept. 2019 | Commentaires

JEAN-MARIE GITARD Mr STRANGE

Mr Strange, le bien nommé

Dans le monde de Mr Strange, le coelacanthe devient Sheila Kant, … et des animaux de toute sorte se posent des questions métaphysiques: le chat au-dessus des nuages, le singe qui reste à la fin d’un spectacle, etc.

L’insolite saute aux yeux, et on ne sait trop ce qui a guidé l’artiste: la volonté de faire s’entrechoquer des visuels ou le plaisir non dissimulé d’illustrer un jeu de mot, une expression, de montrer que l’absurde se niche partout, dans le vécu, les mots ou les images. 

“J’aime essayer de montrer que le monde n’est pas tel qu’on le croit, décrypter l’effervescence granguignolesque pour mettre à nu la société humaine, ce spectacle de marionnettes où chacun joue son rôle en évitant (mais c’est inconscient) de vivre sa vraie vie !  Je suis attiré par l’insolite, le bizarre et le non-sens. Mais la provocation pure ne m’intéresse pas”.

Logiquement, l’artiste va jusqu’au bout et sème aussi le trouble sur la technique employée: photo? peinture? montage numérique? Les trois à la fois! L’artiste imagine la scène à partir de photos trouvées sur Google images, fait un montage numérique pour obtenir une photo. “Mon challenge, c’est le mixage de ces images qui n’ont aucun lien entre elles. Et qui finalement, une fois associées, créent une nouvelle réalité et ouvrent de nouvelles portes”.

Derrière le pseudonyme de Mr Strange, un Montpelliérain d’une cinquantaine d’années: “L’Art m’a toujours accompagné même si j’ai privilégié très tôt mon don pour le sport. J’ai été un bon joueur de tennis dans ma jeunesse et cette activité est devenue mon métier. Je suis prof de tennis dans l’Hérault. Mais au lycée,  j’avais fait un cursus orienté vers l’histoire de l’Art et le dessin.

J’ai commencé très tôt à dessiner.Entre 8 et 12 ans, de la poésie…. De la BD entre 10 et 16 ans. Entre 17 et 30 ans, je me suis mis à la peinture à l’huile et au modelage (style Di Rosa et Combas).  Puis j’ai traversé un long moment sans création. Il y a une dizaine d’années, le volcan créatif s’est réveillé. Je me suis lancé dans ce que j’ai appelé la « spicture », mix entre peinture et sculpture. De la peinture en relief à l’aide d’argile et d’acrylique.

Le travail de Mr Strange a trouvé un prolongement inattendu. “J’ai fait la connaissance sur le net il y a quelques années d’un Chinois, Qihai Chen.  Il avait craqué sur mes travaux photographiques et s’était proposé d’en reproduire un, L’Homme Penché, qui connait un certain succès sur ARTMAJEUR. Depuis, c’est devenu mon associé, qui relève le défi de transformer le travail numérique en peinture à l’huile sur toile”.  Texte : A.D

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Découvrez son travail ( 281 œuvres )



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