Ajouté le 30 sept. 2019 | Commentaires

HORYMA

En 1937, Man Ray réalise la première oeuvre d’art en light painting. Cette façon de “peindre avec la lumière”  par le biais de la photo est aujourd’hui quelque chose de courant, mais le duo moscovite Irina et Igor, fondateur de Horyma renouvelle le genre avec une technique qui lui est propre. Rencontre.

Avec l’avènement chez nous, en 2001, du premier appareil photo numérique, les jeunes ont découvert à nouveau toutes les possibilités offertes par la photographie. 

Au début, on se focalise sur ce que l’on voit et qu’on a envie de garder: les paysages, les levers de soleil, les natures mortes, les scènes de genre dans la rue, des portraits ...

Mais très vite, nous avons décidé de passer à un studio de prise de vue pour essayer des choses plus expérimentales. Nous avons alors étudié des schémas de mise en scène de la lumière, et nous avons avancé avec des amis, passionnés comme nous de photo.

L’été 2004, nous étions en vacances à la campagne. Les soirées étaient chaudes, nous parlions photos et prises de vue, nous faisions des natures mortes d’objets en verre. Et puis, l’un de nous a eu l’idée d’utiliser des torches, qui permettent des lumière plus subtiles que les lampes classiques, et de prolonger les temps d’exposition. Les objets sont moins éclairés, mais plus longtemps, et on obtient des choses très différentes.  Et trois mois plus tard, le magazine russe Fotodela a publié une de ces photos!

De retour de vacances, nous avons poursuivi les recherches en utilisant cette fois-ci une lampe de poche, sur un sujet tout simple: l’homme. Assis dans l’obscurité, sans bouger, tenant la lumière dans ses mains, “lumière du hasard”, qu’il bouge pour obtenir une myriade de taches sur les reliefs du visage. Et c’est là que, étape par étape, flash après flash, notre technique est née. Nous avons ensuite réalisé nous-mêmes nos appareils d’éclairage, peaufiner les temps d’expositions, essayé le recours à la vidéo.

De manière générale, le principe du light-painting est assez simple, il s’agit de prendre un cliché dans l’obscurité en utilisant un temps d’exposition long. L’artiste à l’aide de torches

lumineuses dessine des traînées luminescentes qui sont captées par l’appareil photo, alors que le dessinateur, lui, ne le sera pas.

Nous avons cherché à aller plus loin, en développant deux techniques, l’une où la lumière est “statique” (c’est le sujet qui peut bouger), une autre où la source de lumière elle-même bouge et crée elle-même toutes sortes de motifs. Et dans ce cas, le sujet (le visage généralement) est éclairé, c’est même cela qui nous intéresse: parvenir à donner une autre image d’un visage connu.

Aujourd’hui, nous utilisons des lampes, des lampes colorées, des filtres, pour jouer avec la lumière, ses intensités, sa direction.

Nous combinons la couleur du verre avec la couleur de la lumière extérieure, pour finir par créer des images, où la lumière semble redonner vie au motif choisi. Nous ne cherchons pas à éclairer tout le sujet. La lumière intervient seulement par petites taches, peignant ce qu’elle est censée montrer dans l’image, le reste restant dans l’ombre.

Aujourd’hui certaines de nos compositions sont devenues très complexes: tout est construit uniquement sur la réflexion et la luminescence. Certains éléments sont sur socle, d’autres sont accrochés à des fils, le reste est mobile, dans nos mains ou dans la bouche. Quand nous travaillons sur des objets en mouvement, nous avons recours à un marionnettiste pour manipuler les objets. Il faut quelqu’un qui comprenne exactement la direction et la vitesse des mouvements par rapport à l’objectif et l’effet recherché. Parfois, nous avons même besoin de deux marionnettistes.

Mais l’essentiel n’est pas dans la technique: il est dans le résultat, l’apparition de visages, de gens, de sujets comme personne ne les avait vus jusqu’ici.     Texte :  A.D

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HoryMa
Moscow, Russie


lightpainting visage fantastique lumineux