Les Meilleures Références Artistiques dans les Séries Animées Célèbres

Ajouté le 15 janv. 2021


Vous est-il déjà arrivé de découvrir une œuvre que vous connaissiez dans l’un de vos TV Show favori ?
Les Simpsons, South Park, Family Guy, Futurama, Archer, Bojack Horseman, American Dad… toutes ces séries d’animation nous ont offert, au fil des années, un florilège de références artistiques dispersées dans chacune de leurs saisons, et distillées épisodes par épisodes. Revenons ensemble sur les clins d’œil les plus intéressants au monde de l’art dans nos séries préférées.
Si vous êtes un amoureux d’art et de divertissement, cet article est fait pour vous !


South Park : La plus trash 

Depuis 1997, cette série d’animation irrévérencieuse écrite par Trey Parker et Matt Stone suit les pérégrinations de 4 enfants particulièrement turbulents. Satire de l’Amérique par excellence, au fil de ses 24 saisons et 309 épisodes, ce programme a su mettre en avant de nombreuses références à la culture avec un grand C, et notamment aux grands maitres Hollandais ou ceux de la Renaissance italienne.

© South Park – Comedy Central 

A gauche – Première référence artistique de la série (S3, E8, ''Two Guys Naked in a Hot Tub''), Le Cri d’Edvard Munch apparait dans la chambre de M. Garrison, sans modifications.

A droite - Dans l’épisode suivant (S3, E9, ''Jewbilee''), Ike, le petit frère de Kyle, supposé être un génie, est envoyé dans un camp de scouts. Au cours d'un atelier de création à base de macaronis, et tandis que ses camarades confectionnent des œuvres enfantines, Ike réalise quant à lui une reproduction de La Cène, la célèbre œuvre de Léonard de Vinci dépeignant Jésus entouré de ses apôtres.

Dans l’épisode 3 de la saison 8 (''The Passion of the Jew''), Kyle, qui vient de découvrir le film La Passion du Christ, est profondément troublé. Dans une nuit cauchemardeuse, il se voit entrain d’achever Jésus sur la croix, et visualise par intermittence d'obscures tableaux. Ces toiles sont celles de Jérôme Bosch (Le Portement de Croix, 1500), primitif flamand particulièrement célèbre pour son Jardin des Délices, une œuvre profondément contemporaine dans ses délires et son obscurité sévère : nul doute que les deux créateurs de la série aient été inspiré par ce triptyque complètement dérangé.

Enfin, il est difficile de ne pas évoquer l’épisode spécial Pâques (S11, E5 « Fantastic Easter Special ») totalement délirant : Stan, perturbé et à la recherche d’un lien entre la religion, les œufs peints et les lapins, cherche des réponses. Cette quête l’emmène à la découverte d’une secte occulte d’hommes-lapins, qui protège un étrange secret. Stan et Kyle rencontrent alors un homme, Professeur Teabag, qui connaître le secret de la secte. Il leur explique que Léonard de Vinci était en fait membre de la secte et que Saint Pierre n'était pas un homme, mais un lapin. Il révèle que Léonard de Vinci avait à l'origine représenté Saint Pierre comme un lapin plutôt que comme un homme dans son tableau La Cène. Depuis lors, les membres de la société secrète décorent des œufs depuis des générations pour garder vivant le secret de la peinture de Léonard de Vinci.

 © South Park – Comedy Central

 

BoJack Horseman : La plus contemporaine

Cette dramédie, créée par Raphael Bob-Waksberg et diffusée depuis 2014 sur Netflix, suit le quotidien peu ordinaire d’un cheval acteur en mal de reconnaissance après un succès populaire dans une sitcom fictive des années 90. Dans un Hollywood parodique, cette série moderne (qui comporte déjà 6 saisons et 77 épisodes) immerge le spectateur au sein d’un univers de débauche, d’incertitudes, mais surtout de références culturelles cinglantes et inédites, dans un microcosme californien où la pop culture et l’art contemporain disposent d’une écrasante influence.

© BoJack Horseman – Shadowmachine / Netflix

Aucun épisode de cette série n’est spécialement dédié au monde de l’art, mais on y trouve énormément de références dispersées, qu’il s’agisse d’œuvres marquantes décorant les bureaux et appartements des protagonistes, ou bien de quelques gags bien sentis au sujet d’artistes majeurs de la culture américaine, de Rauschenberg à Jackson Pollock, en passant par Cassius Marcellus Coolidge et ses chiens jouant au Poker.

Dès le second épisode de la première saison (''BoJack Hates the Troops''), de nombreux chefs-d’œuvre sont visibles au second plan, notamment dans le bureau de BoJack. On peut y voir une reproduction équestre du célèbre Portrait of an Artist de David Hockney, devenu en novembre 2018 le tableau vendu le plus cher pour un artiste vivant (90 millions de dollars), qui reflète fidèlement le train de vie californien de son étalon propriétaire. Au fond de ce même bureau, on découvre alors une reprise anthropomorphique de l’inestimable Danse du peintre français Henri Matisse.

En haut, BoJack se retrouve au festival du film sous-marin du Pacifique pour la promotion de son nouveau film (S3, E4 ‘’Fish Out of Water’’). Dans sa chambre d’Hôtel, on découvre un tableau de Picasso : Figures au Bord de la Mer, comme pour rappeler le caractère aquatique de cet épisode.

En bas, lors d’une cérémonie de collecte de fonds, Mr. Peanutbutter essaye de faire monter les enchères pour une sculpture faisant explicitement référence à l’œuvre de Damien Hirst, consistant en un requin immergé dans un aquarium de formol (S3, E2 ‘’The BoJack Horseman Show’’).
Le personnage de Mr. Peanutbutter a une place particulière dans la série : concurrent de BoJack, à la carrière similaire, c'est un jet-setter arrogant malgré lui. BoJack nourrit envers le labrador une jalousie régulière et parfois insensée. Damien Hirst, lui aussi, a fait l’objet d’intenses controverses dans le monde de l'art : entre ses pertes d’inspiration récurrentes et son étrange rapport au système des enchères, l’opinion publique a souvent eu une opinion vacillante quant à lui, comme le spectateur face à Mr. Peanutbutter. Il n’est donc pas étonnant de retrouver cette référence auprès de ce protagoniste précis.

En haut, une reprise écailleuse du célèbre Baiser de Gustav Klimt (S3, E5 ‘’Love And/Or Marriage’’).

En bas, scène d’ouverture de l’épisode 11 de la saison 3 (‘’That's Too Much, Man!’’) où l’on découvre la fameuse Ophélie du peintre anglais John Everett Millais au-dessus du lit de Sarah Lynn, pop star déséquilibrée.  

Dans la sixième saison du show (S6, E7 ‘’The Face of Depression’’), Princess Carolyn moque les dérives de l’art contemporain. Lorsque son bébé porc-épic déchire l’œuvre iconique de BoJack (Portait of an Artist), elle déclame alors « quelques bandes de scotch et je le ferai passer pour un Rauschenberg ».

Ce ne sont évidemment pas les seules références au monde de l’art. Au fil de 6 saisons, le spectateur attentif pourra découvrir d’autres apparitions d’artistes majeurs, tels qu’Henri Rousseau, Andy Warhol, Mark Rothko, Keith Haring, Jean-Michel Basquiat, Paul Cézanne, Franz Marc, Claude Monet, Edouard Manet, Diego Rivera, Marc Chagall, Georgia O’Keeffe et bien d’autres...
Les subtilités de cette production sont un véritable délice pour les amateurs d’art !


Les Simpsons : La plus prolifique

Cette série humoristique créée par Matt Groening et diffusée depuis 1989 est certainement celle répertoriant le plus de références culturelles. Au fil de ses 32 saisons et 695 épisodes, il est difficile de dénombrer l’ensemble des clins d’œil artistiques présents au sein de cette œuvre monumentale, racontant les mésaventures d’une famille américaine moyenne complètement loufoque.

Plusieurs épisodes sont ainsi consacrés au monde mystérieux de l’art contemporain. Le plus éloquent étant certainement l’épisode 19 de la saison 10 (‘’Mom and Pop Art’’), dans lequel Homer devient un artiste contemporain après avoir échoué dans la construction d’un barbecue de jardin. Le barbecue, brisé en morceaux figés dans un socle de béton devient ainsi une œuvre d’art conceptuel, et permet involontairement à Homer d’entrer dans le monde feutré des galeries d’art.

Dans ce même épisode, Homer fait un étrange rêve dans lequel il traverse différentes œuvres iconiques. En haut à gauche, on découvre une œuvre d’Henri Rousseau (dit « Le Douanier »), La Bohémienne Endormie.  Ensuite, en haut à droite, Homer se fait malmener par l’Homme de Vitruve, de Leonard De Vinci. En bas à gauche, il se retrouve coincé dans la plus célèbre œuvre de Salvador Dali, La Persistance de la Mémoire. Enfin, juste avant d’être réveillé par Marge, Homer manque de se faire tuer par Andy Warhol et ses conserves de soupe Campbell’s.

Un autre épisode met particulièrement en lumière les chefs d’œuvre de l’art classique et moderne, et c’est un Halloween Special : Simpsons Horror Show IV. Dans cet épisode, Bart présente successivement trois histoires différentes, et se place devant des œuvres qui tournent et se révèlent à chacune de ses interventions.

Ici, on peut découvrir les références de gauche à droite et de haut en bas : La Mort de Marat par Jacques-Louis David, Les Trois Musiciens de Pablo Picasso, Le Fils de l’Homme par René Magritte, Mystère et Mélancolie d'une Rue de l’artiste italien Giorgio De Chirico, Homer grimé en Autoportrait façon Van Gogh, Montée et Descente par MC Escher, et enfin, Le Cri d’Edvard Munch.

Depuis sa création, l’univers des Simpsons fourmille de références au monde de l’art.
Dans la saison 22 (E3, ‘’MoneyBART’’), le générique d’introduction a même été réalisé par Banksy, le redoutable street-artiste britannique. Aussi, on ne dénombre pas moins de 120 références à des œuvres connues au sein du show, un nombre à la hauteur de la longévité de cette mémorable série.

Dans le premier épisode de la saison 21 (‘’Homer the Whopper’’), co-écrit par Seth Rogen, on découvre la brute Nelson reproduire le succulent tableau de Pablo Picasso, Guernica, à la bombe aérosol, accompagné de quelques figures de danse classique.

Futurama : La plus avant-gardiste

Cette série d’animation, elle aussi créée par Matt Groening, comptabilise 7 saisons et 140 épisodes. Elle nous emmène dans une odyssée de l’espace à travers le quotidien de Fry, Leela, Bender et leurs compagnons de fortune, dans un futur complétement perturbé par les avancées technologiques (en 2999, espérons que le coronavirus ne soit plus de ce monde !). Moins foisonnante que les Simpsons, cette série animée contient moins de références culturelles au monde de l’art, mais elle en contient tout de même de très intéressants hommages. 

L’épisode 5 de la 6ème saison du show (‘’The Duh-Vinci Code’’) dévoile une intrigue assez similaire à celle de l’épisode spécial Pacques de South Park : Fry essuie un lamentable échec dès la première question de la version futuriste de Qui veut Gagner des Millions.
Le professeur tente alors de lui transmettre sa passion pour la science, et lui fait découvrir les génies qui l’ont inspiré, notamment Léonard De Vinci. En observant attentivement La Cène au Rayon X, ils découvrent que l’un des apôtres est un robot. Fry et ses amis se rendent donc à Rome pour élucider ce mystère.
Spoiler Alert : A la fin de l’épisode, on apprend alors que De Vinci est un extra-terrestre. Stigmatisé sur sa planète car il est moins intelligent que les autres, il est venu sur terre pour se sentir moins stupide, et ridiculiser les humains par son savoir.  

D’autres références sont distillées dans l’univers de Futurama. Par exemple, dans le film « La Grande Aventure de Bender », on découvre que celui-ci a volé de nombreux trésors à l’humanité avant son déclin, comme La Joconde, les Tournesols de Van Gogh, et bien d’autres pièces inestimables. Dans l’épisode 6 de la première saison du show, on aperçoit Fry et Leela choisir entre plusieurs tableaux dans un magasin : encore une fois, ce sont les mêmes œuvres symboliques qui sont misent en avant : Mona Lisa, un vase de tournesols façon Van Gogh, et Le Cri de Munch.

Family Guy : La plus déjantée

Dans cette série créée par Seth MacFarlane, comptabilisant 19 saisons et 358 épisodes, nous pouvons suivre le quotidien ahurissant d’une famille pas comme les autres : Les Griffins, et leur chef de famille, Peter, détenant une personnalité profondément inapte à vivre en société.

A gauche, dans l’épisode 13 de la saison 3 (‘’Screwed the Pooch’’), Peter profite d’une visite au musée municipal de Quahog pour réarranger un tableau de Picasso en remettant les éléments de son visage à l’endroit.

A droite, dans l’épisode 9 de la saison 4 (‘’Breaking Out Is Hard to Do’’), Lois est prise d’une folie kleptomane et vole dans les boutiques pour s’offrir des vêtements de luxe, ainsi qu'une nouvelle décoration pour son salon. Dans cette frénésie, elle dérobe un collage d’Henri Matisse au musée de Quahog. C’est ce vol particulier qui permettra à Joey, l’ami policier de la famille, de l’appréhender pour qu’elle soit jugée devant le tribunal de la ville.


Dans l’épisode 13 de la saison 16 (‘’V Is for Mystery’’), Brian et Stewie, en Sherlock Holmes et Watson, tentent de résoudre une série de meurtres mystérieux. Au fil de l’enquête, ils se retrouvent à Paris et passent accidentellement devant un artiste réalisant le portrait d’une fille et de sa mère en haut-de-forme. C’est le premier photobomb de l’histoire, et l’artiste n’est autre que le célèbre pointilliste Georges Seurat, qui réalise ici son chef-d’œuvre, Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte.

Ce n’est pas la première apparition de cette œuvre dans le show, témoignant de l’engouement partagé par les réalisateurs des Griffins pour cette œuvre iconique. En effet, dans l’épisode 11 de la 5ème saison, Stewie craignant de mourir d’un cancer de la peau décide alors de réaliser toutes les choses qu’il souhaitait faire avant de mourir. Parmi ces objectifs, il souhaite se rendre à l’Art Institute of Chicago afin de contempler l’œuvre de Seurat. Cela donnera lieu à un instant particulièrement poétique, parodiant une scène du film La Folle Journée de Ferris Bueller de John Hughes. Un joli double hommage pour ce créateur du mouvement pointilliste, talentueux et prometteur mais disparu si jeune, à l’âge de 31 ans, avant d’avoir pu profiter d’un succès pourtant bien mérité.


Dans l’épisode 19 de la saison 15 (’’Dearly Deported’’), Stewie profite d’un aparté pour apparaitre dans l’œuvre emblématique d’Edward Hopper, Nighthawks, elle aussi composant la collection de l’Art Institute of Chicago. Ce musée semble donc être LA référence des créateurs de la série.

 

Pour conclure, bien qu’il ne puisse être exhaustif, la rédaction de cet article fut très agréable, tellement les hommages sont nombreux au sein de ces productions animées modernes.
Certaines références récurrentes dans ces différents TV Shows confirment la puissance culturelle d’œuvres emblématiques. Parmi les plus citées, on trouve surtout les œuvres de De Vinci, qui ont vraisemblablement su traverser les âges tout en conservant une aura mystique intacte. Les clins d’œil aux œuvres de Vincent Van Gogh et au Cri de Munch sont aussi légion.

Mention spéciale pour l’œuvre de C. M. Coolidge, A Friend In Need, dépeignant des chiens jouant autour d’une table de poker. Cette œuvre est la plus citée parmi les TV Shows américains les plus célèbres. On dénombre au moins 7 références à cette œuvre dans les Simpsons, mais BoJack Horseman et Family Guy ont également apporté leur pierre à l’édifice, prouvant ainsi la puissante influence de ce tableau dans la culture américaine moderne.

 

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Bastien Alleaume
Content Manager – Artmajeur Online Art Gallery

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