L/Indien, les rayures de la Liberté

Ajouté le 23 nov. 2020

Malgré une année passée à l’École des Beaux-arts de Lyon, en 2010, L’Indien se considère comme un artiste autodidacte. Et de fait, après ce passage aux Beaux-Arts, il décide d’arrêter sa pratique artistique. Ce n’est que deux ans après que le besoin de dessiner et de peindre resurgit. L’artiste se remet alors au travail et poursuit depuis de manière très simple, empirique, en développant sa technique au fur et à mesure de sa pratique. Peu à peu, il se fabrique un univers rempli de rayures parallèles, évoquant des montagnes, et découvre en même temps les possibilités infinies d’un motif fait de rayures simples, mais très suggestives. Ce sera la base d’un travail qui parvient à se renouveler sur ce socle pourtant très simple et contraignant.

L’artiste puise son inspiration dans trois domaines artistiques : l’art abstrait, le land-art et le street-art.
Il y ajoute sa personnalité, son regard, afin de proposer une contemplation du monde qu’il s’invente. Plus que tout, avec une base graphique très simple, l’artiste ne cherche pas à montrer mais à proposer une expérience contemplative. Il utilise les lignes comme vecteur du temps qui passe, tout en en faisant un moyen d’évoquer le monde qui l’entoure, ce tout fait de petits riens, ce conglomérat de particules qui forme l’existence.

L’Indien tient à garder un travail assez instinctif, où l’œuvre naît “en peignant, en dessinant”, comme l’appétit vient en mangeant. “Le point de départ peut être une couleur, une forme ou une association de couleurs comme par exemple le tableau Evaporation of the horizon. Parfois c’est simplement une idée, une réflexion faite au détour d’une rue, d’une remarque liée à quelque chose qui a été observée comme pour la série ŒAG - Œuvre d’Art Gratuite, qui est un exemple de mon travail dans la rue”.

Car l’artiste n’oublie jamais que l’art n’est pas qu’un cheminement personnel. C’est aussi un partage qui le motive à pratiquer son art dans la rue. L’artiste présente cette série ŒAG - Œuvre d’art Gratuite sur son compte Instagram : « Ce projet m’est venu car je m’intéresse aux moyens de promotions et d’informations de proximité. Nous avons tous vu sur un poteau ces affiches où l’on propose ses services ou bien où l’on informe avoir perdu son animal. Le bas de l’affiche est toujours rempli du n° de téléphone prédécoupé de la personne à appeler. L’idée est de détourner ce moyen de communication pour en faire une œuvre d’art. L’information principale est que cette œuvre est gratuite et que chacun peut l’observer ou l’emporter avec soi. Le n° de téléphone a été remplacé par l’œuvre d’art qui est signée et numérotée électroniquement au dos. Il y a également l’adresse de mon compte Instagram si jamais ces personnes souhaitent s’intéresser davantage à mon travail ou bien me signaler qu’ils ont récupéré une partie de l’œuvre. ».« D’une manière générale, ce qui m’intéresse dans ma pratique du Street-art c’est la consommation de l’art et de l’information, de mélanger les deux et de proposer une manière différente de consommer de l’art, comme du street-art à consommer sur place ou à emporter. Ce parti pris fait que la plupart de mes œuvres dans la rue finit dans les poubelles publiques ».

Cette fin radicale ne trouble en rien l‘artiste. Quand on s’en étonne, la réponse fuse : “Ce que je fais ne sert à rien, tout comme l’art.”

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Texte : ANNE DEVAILLY

 

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