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Ajouté le 4 avr. 2017 | Commentaires

L’Arte povera, un art de rupture poétique et visionnaire

L’Arte povera est né en Italie à la fin des années 1960 en réaction contre le mode de vie américain et l’art consumériste tel le pop art, caractérisé par la surenchère, le spectaculaire et le tout médiatique.

Ce groupe d’artistes pour la plupart issus de l’industrielle Turin, marqués par les conflits sociaux et le mercantilisme du marché de l'art, vont privilégier dans leur expression artistique, le naturel, l’instinct et l’éphémère.

Selon le critique d’art italien Germano Celant à l'origine du terme « Arte povera », il s’agit  d’«un hymne à l’élément primaire, à l’élément banal, à la nature, à l’homme,  fragment d’esprit et de corps ».

Manifeste social et politique, il est plus une attitude, un comportement, une discipline qu’un mouvement, à savoir:

— une façon d’être et de créer privilégiant le geste, le processus créatif au détriment de l’objet fini ; 

— un refus de considérer l’art comme un produit que l’on s’approprie et sacralise ;

— une mise en œuvre simple, voire archaïque, de matériaux dits « pauvres, sommaires, bruts, naturels (bois, charbon, pierres…), souvent de récupération ;

— une prise en compte de l’espace d’exposition comme partie prenante de l’installation ;

— une dimension poétique voire un matérialisme spirituel poussant à réfléchir sur les mystères de l’existence.

Art frugal, de récupération ou de récolte, il se veut essentiel, ancré dans le réel, à portée symbolique et poétique.

Les artistes de l’Arte povera dépassent les limites de la sculpture ou de la peinture, sortant du cadre pour exalter le réel et développer un langage visuel radical. De nombreuses expériences d'art pauvre seront menées dans d'autres disciplines telle que l'architecture (“Global tools”, contre-école d’architecture et de design repensant l’espace social dans un cadre écologique), la danse, le cinéma ou la musique.

L’Arte povera, à l'origine guérilla artistique s’appuyant sur une radicalité formelle et une économie de moyens, n’a jamais été aussi d’actualité.

Loin d’être un moment de régression de la culture, il trouve aujourd’hui de nombreuses résonances et prolongements dans différentes formes d’art non ostentatoires ancrés dans le réel ou la nature (art du Monde, art écologique...) qui connaissent un grand engouement public. 

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