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Ajouté le 25 févr. 2020 | Commentaires

JÁNOS KUJBUS

Des personnages volontairement sortis de leur contexte

Janos Kujbus aime peindre ses contemporains: il s’attarde sur les visages, sur les corps, sur des postures spécifiques dans des vêtements que chacun pourrait porter.

Mais sorti de ce traitement réaliste des personnages, voire de cet hyperréalisme, le reste de la toile est au contraire fait de peinture et de rien d’autre: des à-plats en guise de fonds, des personnages qui sont concentrés sur la toile sans qu’il n’y ait d’échange entre eux, des ajouts de traits d’encre ou de feutre autour des personnages.

L’artiste aime donc représenter ses semblables en les extrayant de leur contexte. “Je travaille souvent à partir de photos de magazine, mais après, j’effectue des recherches pour transformer ces photos en œuvre d’art”. 

Quand il trouve les modèles avec des poses, des compositions, des gestes vraiment intéressants, alors la mutation peut s’opérer: “J’essaie de créer des récits spécifiques et compose les peintures de manière à ce qu’elles deviennent plus qu’un instantané. L’histoire ou l’action peut alors renvoyer à quelque chose de plus intemporel, permettant au spectateur d’ajouter sa propre idée, visualisation ou conception”.

C’est évidemment cette période de brainstorming, de recherche, avant le début du processus de création lui-même, qui lui permet d’intégrer ses sources diverses pour les faire entrer dans un même univers qui fera sa signature. Un univers qui flirte à la fois avec celui de Dali (pour l’étrangeté générale) et celui de Giorgio de Chirico (pour l’incommunicabilité entre les personnages), deux artistes eux-mêmes en marge du surréalisme.

Hongrois, János Kujbus ne cite guère les surréalistes européens ou américains comme source d’inspiration. Il parle davantage de l’art qui l’a entouré dans sa jeunesse: l’art d’Europe de l’Est, notamment l’école de Leipzig, avec par exemple les œuvres de Neo Rauch. Mais immédiatement, l’artiste précise qu’il puise surtout son inspiration “dans les médias actuels, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent: magazines, vidéo, clips, films”. Et de fait, difficile de dire d’où viennent ses personnages, ce qui, de toute façon, n’est pas essentiel devant ses toiles: on se demande davantage ce que “ces gens” font, ce qu’ils cherchent à faire que de savoir s’ils sont hongrois, européens, américains, etc. Il en ressort une vision finalement assez pessimiste, mais parfois drôle, de nos contemporains. 

VOIR LE TRAVAIL DE JÁNOS KUJBUS →

Dans son enfance, en Hongrie, János Kujbus visitait souvent des expositions avec ses parents. Il est séduit par les peintres hongrois des années 80 comme par les peintres romantiques hongrois qu’il découvre au Musée national. Il a également été marqué par des séjours à Dresde, dans l’ex-Allemagne de l’Est, où il découvre Rubens. Élevé dans un milieu culturel, pratiquant lui-même le dessin et la peinture dès son enfance, sa vocation d’artiste a été précoce, ce qui lui a permis de fréquenter une école secondaire avec une spécialisation en art pour ensuite enchaîner avec les Beaux-Arts de Budapest. Il est membre de l’Association des artistes créateurs hongrois et de l’association des peintres de Saxe, en Allemagne. 

Nombreuses expositions (États-Unis, Allemagne, Pologne, Suisse, Roumanie, Hongrie).

Logiquement, l’artiste qui aime sortir les personnages pour leur donner une dimension hors du temps travaille également sur des installations. Mais il ne les présente que dans des expositions spécifiques.

Découvrez son travail ( 55 oeuvres )


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János Kujbus
Hongrie


peinture hongrois la vie
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