Ajouté le 1 oct. 2019 | Commentaires

IRETGE

Iretge, les hérétiques du street-art

Iretge, un road-trip et un livre de quelques artistes qui ont voulu bousculer un peu les codes du street-art

Du street-art, ils ont retenu le côté éphémère, libre, spontané. Ils ont en revanche choisi de le rendre mobile, rural, objet de rencontres avec des populations qui n’avaient sans doute jamais imaginé ce type de travail. 

Pendant quinze jours, trois street-artistes d’horizons différents, un photographe et un organisateur-écrivain ont sillonné le Vercors, les Cévennes, les Corbières et lécher les rives de la Méditerranée à Sète, à bord d’une vieil-le Volvo des années 80, remplie d’un bric-à-brac aussi indescriptible que nécessaire. 

Comme le disent les titres des chapitres du livre qui rend compte du périple, ils ont glandé, joué, sont devenus sauvages, ont fait les fous ou changé de nature… Le projet et le livre se nomment mystérieusement
Iretge, l’hérétique en langue d’oc. L’hérétique, l’étranger. Celui qui est à part, comme le redeviennent ces street-artistes dès qu’ils quittent l’univers urbain qui est leur base.

“L’idée était vraiment que les trois artistes collaborent ensemble pour des oeuvres avec des matériaux variés, dans des endroits insolites. Parfois, ils ont utilisé la craie, parfois le charbon, la végétation pour ne pas répandre de peinture dans la nature, la bombe n’intervenant que sur des murs abandonnés, explique Ben Bello, qui a réussi à fédérer ces artistes et qui a rendu compte du projet dans un joli livre de 200 pages : “J’ai fait pas mal de trips avec des gars qui pratiquent le BMX et qui se baladent de ville en ville à la recherche de « spots ».

Ici, c’était pareil, ils recherchaient des murs et des endroits pour exprimer les idées nées des rencontres qu’on a faites ». Ils ontainsi créé sur tous types de support : dans des usines abandonnées, sur des énormes cubes de béton accessibles uniquement par bateau, dans un canyon étroit, dans un ancien asile, sur des bosses en terre d’un bmxer ou sur le pilier d’un pont où un skateur pêcheur avait construit son propre spot ; sans oublier de lâcher prise une fois posés dans un endroit paradisiaque de l’Ardèche. “Tout le projet a pris une autre dimension quand Brokovich s’est transformé en homme sauvage, tout peint en blanc, marqué de traces noires avec un masque en mousses et fougères qui est devenu l’emblème du trip. L’idée était d’intriguer les trop nombreux touristes qui dénaturent l’endroit”, poursuit Ben Bello. Car ce voyage fut surtout l’occasion de soulever des questions fondamentales
autour du « vivre ensemble » et de l’abandon de ces petites villes de province où viennent se cacher d’incroyables personnages, ces iretge comme ils les appellent désormais. Ces personnes vivant en marge, un peu bourrus ou bizarres dont on se méfie et qui pourtant ont tellement à apporter.

 

C’est en rencontrant tous ces humains décalés que les artistes ont pu s’inspirer et sortir donc un livre, financé par une campagne participative dont Artmajeur a été un des contributeurs enthousiastes. Ont suivi trois expositions à Annecy, Montpellier et Paris où les visiteurs pouvaient revivre le voyage à travers des œuvres réalisées sur des objets et supports récupérés pendant celui-ci, le tout dans une ambiance festive et étonnante grâce à des concerts et des performances de danse mélangé à une sorte de rite chamanique. Aujourd’hui, l’aventure se poursuit avec de nouvelles expos au programme (Strokar inside à Bruxelles récemment) et de nouveaux projets prolongeant cette dynamique et élargissant le cercle des artistes participants, mais toujours autour de cette question « que reste-t-il de sauvage dans l’Homme ? ». Début d’explication dans le livre.   Texte :  A.D

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IRETGE
Limoux, France


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