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Ajouté le 24 sept. 2019 | Commentaires

DARIO AGRIMI

L’Italien Dario Agrimi ne se donne aucune limite : peinture, sculpture, installations, au gré de son inspiration et de son envie de transmettre une idée, une émotion.

Dario Agrimi peut peindre, dessiner, inventer de nouveaux objets, poser une phrase sur un socle et la transformer en œuvre. Bref, il ne s’interdit aucun thème ni aucun médium. 

Et cette gourmandise ne fait que se renforcer année après année, de manière selon lui toute naturelle : « Chaque artiste s’inspire de sa propre expérience. Et plus vous avez d’expérience, plus vous êtes inspiré ! Et puis, je me laisse facilement contaminer par tout ce qui m’entoure ». 

Il résulte de cette curiosité insatiable, de cette écoute attentive à tout ce qui l’entoure une œuvre abondante et extrêmement variée. Si l’on regarde les objets et les sculptures, certains évoquent évidemment Duchamp et ses ready-made, quand l’artiste met sous vitrine un objet non transformé, mais d’autres penchent davantage vers des artistes de l’absurde quand il donne vie à de nouveaux objets, comme ce balai-béquille, intitulé sobrement : « faire de nécessité vertu »…

Dans tous les cas, ce qui intéresse l’artiste, « c’est l’idée et la réaction que j’ai décidé d’éveiller chez le spectateur. Mes sculptures ont clairement pour but de le troubler, et si ces bouleversements sont négatifs (vis-à-vis de l’œuvre ou de l’artiste qui l’a produite !), finalement tant mieux. L’art n’est pas fait juste pour faire sourire. Ce qui compte, c’est que l’oeuvre laisse une trace dans l’âme humaine, et finalement ce sont les expériences négatives qui y parviennent le mieux ».

Quelle que soit le sujet et le medium, l’artiste pense son œuvre très en amont : « Le début des travaux est prévu et étudié en détail. Il n’y a pas de spontanéité dans ce que je fais. Une étude, des calculs et de la précision ».

Tout comme il réfléchit au sujet de ses sculptures et installations, l’artiste ne choisit pas au hasard ses mediums quand il s’attaque à des représentations figuratives: quand il réalise des portraits avec des cheveux, la démarche a un sens : « L’idée est de représenter quelqu’un ou quelque chose en utilisant son patrimoine génétique. Les cheveux contiennent ces éléments. Ils peuvent permettre de revenir au propriétaire. Je comprends que certaines personnes puissent éprouver de dégoût, mais personne n’a dit que l’art est pour tout le monde ».

L’artiste ne s’interdit rien, et estime que c’est même là l’essence de l’art : « N’ayant pas de limites, l’art offre d’infinies possibilités d’accomplissement à la fois économique et esthétique. Aujourd’hui, l’art est un véritable business. La société de masse tend à sous-estimer les chances de gagner dans ce secteur. Finalement l’art et la politique sont très proches l’un de l’autre».

Cette approche globale, cette responsabilité qu’il se donne en tant qu’artiste le ne laisse pas lui-même exempt de toute inquiétude et angoisse. Même s’il avoue que le temps nourrit son œuvre, le temps lui apporte aussi son lot d’interrogations et de peur : « La peur de ne pas être en mesure de réaliser ce que je devrais. La peur de cesser un jour d’exister en tant qu’artiste. J’imagine mon esprit, un jour bloqué, incapable d’accomplir ce pour quoi il a été fait. Le temps est la chose qui m’effraie le plus ». Et pour rajouter encore à cette angoisse qui le ronge, quand on lui demande son œuvre préférée, il répond : « Celle que je n’ai pas encore créée».     Texte  A.D

VOIR LE TRAVAIL DE DARIO AGRIMI →

Découvrez son travail ( 107 œuvres )


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Dario Agrimi
Italie


sculpture peinture éclectisme peur
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