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Ajouté le 19 févr. 2020 | Commentaires

ABEL BURGER

Parcours de vie, parcours d’artiste

A 35 ans, Abel Burger a déjà vécu de nombreuses vies, qui viennent aujourd’hui alimenter une création protéiforme. Pour atteindre une forme de lâcher-prise, il a fallu commencer par multiplier les expériences.

Abel Burger peint, dessine, écrit, découpe, colle… le tout avec une grande liberté et spontanéité. Mais tout cela, l’artiste ne peut le faire que parce qu’elle a au préalable beaucoup voyagé, rencontré, lu, expérimenté.

Chez cette jeune artiste installée depuis peu à Port-Vendres, la vie nourrit l’art qui à son tour essaie de restituer toutes les émotions que peut procurer une vie bien remplie.

Difficile de schématiser un travail qui est déjà aussi complexe que son parcours de vie, mais, à gros traits, on peut dire qu’elle crée des paysages abstraits, qui renvoient à l’enfance parfois, à des univers plus exotiques souvent, à des références plus livresques ou cinématographiques de temps à autre: l’artiste peut s’inspirer aussi bien de la mythologie grecque, des films de la Nouvelle Vague que des émotions que lui procure le chamanisme découvert en Amazonie. 

Ces grands écarts sont possibles tout simplement parce que Abel Burger est une adepte des changements brutaux de mode de vie: elle a vécu dans des espaces reculés du Canada, sans eau ni électricité, où elle a pu se plonger en toute concentration dans l’oeuvre de Bukowski… et passer à l’écriture, avant de s’installer à Paris pour travailler dans la communication. 

A d’autres moments, elle s’est immergé dans la culture grecque, ressortie ensuite dans certaines toiles. Et puis elle s’est installée dans la petite ville de Rachel au Nevada… pour aller à la rencontre des ovnis. Encore avant (ou après, peu importe!), ce fut un détour par l’ancien hôtel des Roches Noires où Marguerite Duras vécut, à Trouville.
“J’y suis restée quelques mois et cela m’a inspiré un roman qui est aujourd’hui à l’étude dans une maison d’édition”.

Sans oublier sa découverte du chamanisme en Amazonie: “J’ai été inspirée par ce que j’ai pu voir et expérimenter du chamanisme, ce qui se ressent dans mes tableaux: je recherche un lâcher-prise, mais qui soit source de création. Il ne s’agit pas de partir n’importe où, n’importe comment, mais de se laisser guider par des intuitions, des rêves, des images, des sentiments pour les creuser, et atteindre une certaine complétude. Ce n’est pas si évident. Au final, je ne peux transmettre que ce qui m’est accessible, par un biais ou par un autre. Ni plus ni moins”.

Ce n’est sans doute pas un hasard si Abel Burger a été marquée dans ses lectures par des textes de Carl Gustav Jung, “un auteur qui m'a permis de faire le lien entre mon mental (avec la psychanalyse) et mon esprit (avec le chamanisme)”.

Bref, à 35 ans, Abel Burger a vécu de quoi nourrir son oeuvre d’images et d’univers variés, qui ont peut-être pour point commun une recherche de la prise en compte de l’individu dans sa globalité.

Toutes les expériences, du moment qu’elles ont enrichi son parcours de vie, nourrissent sa création, quelque soit le biais utilisé. Pas de règles pré-établies. 

Quand elle a essayé de s’en imposer, ce fut un échec: “J’ai voulu structurer mon travail, j’ai réfléchi à une armature avant de m’engager, mais j’ai toujours été déçue du résultat, qui était artificiel et du coup sans émotion”. Aujourd’hui, elle procède différemment: faire ce qu’elle a envie, la nuit le jour, se concentrer sur les souvenirs, parcourir un livre, etc. Et passer de manière insensible à la création qui va se nourrir de ses moments de détente. De là sans doute une juxtaposition d’éléments disparates qui peuvent venir de l’enfance, des souvenirs, des lectures, ou de choses plus conceptuelles.

L’oeuvre en cours (écriture, peinture, collages, etc) commence à constituer un univers qui lui est propre: en matière picturale, une recherche de couleurs pour un fond abstrait mais doté de réelles profondeurs, un travail de gravure ou d’ajout au trait (bic, pastel gras, crayon, fusain, charbon), qui surligne les changements du couleur du fond ou qui, au contraire, superpose des dessins sans tenir compte des changements de couleurs déjà en place.
Parfois, mais parfois seulement, émergent des animaux, des crânes, des motifs géométriques ou des signes, lettres identifiées ou hiéroglyphes mystérieux. On s’y retrouve… ou pas, mais cela indiffère l’artiste qui n’a pas envie de rendre les oeuvres plus explicites pour autant.

Pas d’influence particulière d’autres plasticiens, même si son oeuvre peut évoquer par moment Basquiat. “Je ne vois guère qu’un peintre dont je me sens peut-être proche, c’est Jackson Pollock: à la fois pour son évolution vers l’abstraction et pour le petit quelque chose qui relève de la transe dans son exécution du dripping (le geste de jeter des taches de peinture sur la toile en secouant son pinceau comme un panier à salade, ndlr)”.

Abel Burger continue à chercher. Pour l’instant, elle montre encore ses oeuvres timidement, persuadée qu’elle n’en est qu’au début du chemin:
“Je m’approche progressivement de ce que je cherche. Comme je fais tout cela dans mon coin, cela prend du temps. Mais c’est la condition pour ne pas se laisser asphyxier par des influences extérieures”.

VOIR LE TRAVAIL D'ABEL BURGER →

A 35 ans, Abel Burger a décidé de se donner les moyens de se concentrer sur son art: elle quitte les grandes villes où elle a longtemps habité (Montréal, Paris), s’installe en décembre 2017 en bord de mer, dans le sud, dans une commune de taille plus humaine, Port-Vendres. Elle renonce en parallèle à un travail dans l’univers de la communication et s’octroie désormais du temps pour la peinture et la poésie.

Découvrez son travail ( 10 oeuvres )


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Abel Burger
Port Vendres, France


peintures art brut couleur
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