5 Destinations Artistiques sur les Chemins des Grands Peintres

Ajouté le 21 mai 2021 - 11 minutes de lecture

Cet article s’adresse aux passionnés d’art et de voyage. A travers l’œuvre d’artistes légendaires – Van Gogh, Munch, Hopper, Monet et Friedrich – partez à l'aventure sur des sentiers inédits qui vous feront découvrir ou redécouvrir les haut-lieux de l’Histoire de l’Art.

1. La Normandie impressionniste de Claude Monet

Claude Monet, Impression, Soleil Levant, 1872. Musée Marmottan Monet, Paris. 

Saviez-vous que la Normandie et l'impressionnisme sont indissociablement liés ?
Les vents marins et la météo changeante font de cette région un Eldorado pour tout peintre en quête de variations lumineuses plus ou moins intenses.
L’œuvre fondatrice du mouvement impressionniste (Impression, Soleil Levant, 1872) est une vue du Havre, ville portuaire normande dans laquelle Claude Monet a passé une bonne partie de son enfance. Puisque la région se situe à proximité de Paris, elle deviendra rapidement le terrain de jeu de nombreux artistes. Qu’ils soient locaux, comme Eugène Boudin (né à Honfleur) et Raoul Dufy (né au Havre), ou qu’ils vivent aux 4 coins de l’hexagone comme Paul Cézanne, Camille Pissarro, Auguste Renoir ou Frédéric Bazille, beaucoup d’artistes de renom se sont délectés des jeux de lumières et espaces naturels de la côte normande. Honfleur, Etretat, Rouen, Giverny sont autant de symboles emblématiques de l’histoire de l’art.

Claude Monet, Soleil couchant à Etretat, 1883. Raleigh, North Carolina Museum of Art. 

S’il ne devait y avoir qu’un seul représentant de l’impressionnisme en Normandie, il s’agirait sans aucun doute de Claude Monet. Celui-ci fit ses premières armes au Havre puis à Rouen, et passa la fin de sa vie dans la campagne normande, à Giverny. Si vous êtes admirateurs de l’Homme aux nymphéas, alors c’est dans la région du cidre et du camembert qu’il faudra vous rendre. Suivez le guide ! 

3 lieux incontournables pour découvrir la Normandie de Claude Monet :

  • La maison de Monet à Giverny, et son célèbre jardin aux nymphéas. A visiter de préférence pendant la saison des nénuphars – de mai à septembre – pour appréhender l’ampleur du travail exercé par l’artiste pour dompter l’esthétisme de la nature.

  • Les rues de la vieille ville, et surtout la cathédrale de Rouen, dépeinte maintes et maintes fois par l’artiste.

Claude Monet, Cathédrale de Rouen, Facade Ouest, 1894. National Gallery of Art, Washington. 

  • La côte normande, d’Honfleur à Etretat, en passant par Le Havre et Sainte-Adresse, pour découvrir l’estuaire de la Seine, berceau de l’impressionnisme. Profitez-en également pour visiter le MuMa, Musée d’Art Moderne du Havre, dont les collections permanentes et l’architecture particulière valent clairement le coup d’œil.

 2. L’Amérique profonde d’Edward Hopper

Edward Hopper, Second Story Sunlight, 1960. Whitney Museum of American Art, New York. 

S’il ne fallait citer qu’un peintre emblématique de l’American Way of Life, c’est bien Edward Hopper. A travers un florilège d’œuvres mélancoliques et solitaires dépeignant une Amérique profonde et silencieuse, il a fait sa place au panthéon des artistes de légende. Sa production artistique peut être scindée en deux univers bien distincts : l’un représentant la vie citadine et les paysages urbains, souvent nocturnes, ayant pour sujets les diners typiquement américains, les bars, les bureaux et stations essences (Nighthawks, Gas, New York Office, Conference at Night, Chop Suey…). L’autre univers dépeint quant à lui une Amérique plus rurale, sauvage et naturelle, qu’il captura souvent dans la région de Cape Cod, où il était propriétaire d’une résidence secondaire dans laquelle il venait se réfugier chaque été. 

Edward Hopper, Summer Evening, 1947. Collection privée (la chance !). 

A moins de pouvoir remonter le temps, il sera difficile de se replonger dans le climat urbain des années 40 aux Etats-Unis. Fort heureusement, si les paysages urbains évoluent rapidement, les panoramas bucoliques de Cape Cod, quant à eux, restent globalement les mêmes. Alors pour une immersion complète dans l’œuvre d’Hopper, voilà nos conseils :

Edward Hopper, Cape Cod Morning, 1950. Smithsonian American Art Museum, Washington.

3 lieux incontournables pour découvrir l’Amérique mélancolique d’Hopper :

  • La baie et la presqu’île de Cape Cod, pour découvrir ou redécouvrir le sentiment d’insignifiance humaine face à l’immensité de la nature, caractéristique des toiles d’Hopper.

  • Le Whitney Museum of American Art (New York), qui présente une large collection d’oeuvres signée Edward Hopper, dont A Woman in the Sun (1961) et Second Story Sunlight (1960). Si vous souhaitez découvrir de vos propres yeux l’œuvre la plus célèbre d’Hopper, Nighthawks, il faudra vous rendre un peu plus loin, à l’Art Institute de Chicago. Vous trouverez également d’autres chefs-d’œuvre du peintre au sein du Museum of Modern Art (MoMA) de New York.

Edward Hopper, Nighthawks, 1942. Art Institute of Chicago. 

  • Si vous disposez d’un véhicule, nous vous conseillons également un road trip le long de la route 9W reliant New York à Poughkeepsie, pour partir à la recherche de la véritable demeure victorienne ayant inspiré le chef-d’œuvre House by the Railroad, qui a lui-même influencé de nombreux cinéastes, de la Famille Adams en passant par Alfred Hitchcock. Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à consulter notre article Quand le Cinéma rend Hommage aux chefs-d’œuvre de l’Histoire de l’Art.

Edward Hopper, House by the Railroad, 1925. Museum of Modern Art, New York. 

 3. L’Allemagne côtière de Caspar David Friedrich

Bien qu’il ait eu une influence notable dans la peinture de paysage, Caspar David Friedrich est certainement l’artiste le plus méconnu de ce classement

Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818. Kunsthalle de Hambourg. 

Vous connaissez peut-être son chef-d’œuvre le plus célèbre : Le Voyageur contemplant une mer de nuages (voir illustration). C’est notamment grâce à ses paysages montrant des personnages de dos, contemplant une nature aussi poétique qu’indomptable, que Caspar David Friedrich se tissa une renommée solide à travers toute l’Europe. Son univers à la frontière entre réel et fantastique a eu de nombreuses répercussions dans notre société moderne, notamment en influençant l’univers des comics et des jeux vidéo.

Caspar David Friedrich, Falaises de craie sur l'île de Rügen, 1818. Museum Oskar Reinhart, Suisse. 

Chef de file du romantisme allemand inspiré de la philosophie de Goethe, ses paysages sauvages transpirent d’émotions passionnées et introspectives. Ce qui est idéal avec la peinture de paysages montagneux et maritimes, c’est que ceux-ci ne changent pas ou peu au fil du temps. Cela permet une immersion parfaite pour ceux voudraient voyager sur les traces de l’artiste : les falaises de craie de l’ile de Rügen sont les mêmes qu’il y a 2 siècles, et les massifs montagneux d’Europe centrale n’ont également pas bouger d’un centimètre.

3 lieux incontournables pour découvrir l’Allemagne de Caspar David Friedrich :

  • L’ile de Rügen, le parc national de Jasmund et ses magnifiques falaises de craie.

  • La Kunsthalle de Hambourg, musée d’Allemagne du Nord qui présente dans ses collections quelques-uns des plus beaux chefs-d’œuvre de l’artiste, dont Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818) et La Mer de glace (1824).

Caspar David Friedrich, La Mer de Glace, 1924. Kunsthalle de Hambourg. 

  • Une promenade dans les montagnes et massifs rocheux d’Europe centrale (massif de Verwall, monts des Géants, parc national de la Suisse Bohémienne…), pour retrouver le sentiment de solitude et d’immensité typique de l’univers développé par Friedrich.

Caspar David Friedrich, Le Watzmann, 1824-1825. Alte Nationalgalerie, Berlin. 

 4. La Norvège bucolique d’Edvard Munch

Tout le monde connait le fameux Cri de Munch. Ce n’est pourtant pas la seule œuvre célèbre du peintre expressionniste norvégien, puisqu’on ne dénombre pas moins de 6000 œuvres signées de sa main, sans compter des milliers de pages de croquis, esquisses et travaux préparatoires liés à ses peintures, dessins et aquarelles. 

Edvard Munch, Le Cri, 1893. Nasjonalgalleriet, Oslo. 

Au travers d’œuvres symboliques et délicates, l’artiste exprime son émotion, alternant entre joie candide et mélancolie tragique. Les paysages, bien que simplistes, ont une place prédominante dans ses compositions. On peut d’ailleurs y reconnaitre l’originalité des panoramas et des phénomènes météorologiques typiquement nordiques. Puisqu’exécutée au pays des aurores boréales et des éruptions volcaniques, on comprend mieux le ciel orangée et liquoreux que l’on découvre dans l’iconique Cri

Edvard Munch, Deux Êtres Humains – Les Solitaires, 1905. Collection Privée (la chance !). 

Que vous soyez amoureux du style d’Edvard Munch, ou que vous souhaitiez visiter la Norvège avec un regard différent, on vous partage les meilleurs endroits pour ressentir et vivre l’expressionnisme norvégien. 

Edvard Munch, Mélancolie, 1894-1896, Kunstmuseum Bergen, Norvège. 

3 lieux incontournables pour découvrir la Norvège bucolique d’Edvard Munch :

  • Le petit village d’Åsgårdstrand dans lequel Edvard Munch a passé de nombreux étés, et y a vécu une relation sentimentale très tumultueuse. Vous y découvrirez son ancienne maison-atelier, ainsi que de magnifiques panoramas qui vous plongeront au cœur des nuits d’été décrites dans certaines toiles de l’artiste, telles que Mélancolie, Deux Êtres Humains – Les Solitaires, ou encore Les Jeunes filles sur le pontNul doute que vous tomberez rapidement amoureux de ce climat particulier, oscillant entre charme sauvage et doux sentiment de mélancolie.

La maison-atelier d'Edvard Munch à Åsgårdstrand. 

  • Le musée Munch (Munch Museet) à Oslo, qui dispose d’une collection représentant plus de la moitié du travail définitif du peintre. Un incontournable si vous souhaitez vous familiariser avec celui-ci.

Edvard Munch, La Danse de la Vie, 1899-1900. Nasjonalgalleriet, Oslo.

  • Le musée national d’Oslo (Nasjonalgalleriet, fermé jusqu’en 2022), qui détient également une impressionnante collection de chefs-d’œuvre de l’artiste expressionniste, dont l’original du Cri.

 5. La Provence sauce Van Gogh

Vincent Van Gogh, Oliviers avec ciel jaune et soleil, 1889. Minneapolis Institute of Art.

Bien qu’il n’ait passé que peu de temps dans le Sud de France, ce séjour représenta la période la plus productive de l’artiste, puisqu’il réalisa un peu plus de 300 œuvres en l’espace d’environ 15 mois. Loin d’une simple escapade de convalescence, ce voyage fut pour Van Gogh une véritable révélation

Vincent Van Gogh, La Méridienne (d'après Millet), 1890. Musée d'Orsay, Paris. 

A peine avait-il posé ses valises et son chevalet, qu’il tomba directement amoureux du climat provençal. Grand collectionneur, il était fasciné par la luminosité des estampes japonaises, sensation qu’il retrouva dans les paysages floraux et ensoleillés du sud de l’hexagone. Champs de lavande, cerisiers en fleurs, oliviers à perte de vue… 
Vincent en était sûr : il était au bon endroit - « Le pays (provençal) me parait aussi beau que le Japon pour la limpidité de l’atmosphère et les effets de couleur gaie. » (Extrait d’une correspondance avec son frère Théo Van Gogh). 

Vincent Van Gogh, Le Pont de Langlois, 1888. Kröller-Müller-Museum, Otterlo (Pays-Bas).

C’est en Provence que Vincent Van Gogh réalisé quelques-uns de ses chefs-d’œuvre les plus célèbres : La Nuit Etoilée, Les Tournesols, Terrasse du café le soir, Le Café de nuit, La chambre de Van Gogh à Arles, les différents portraits de la famille Roulin ou encore La Méridienne et Les Premiers Pas (d’après Millet). Pour une balade artistique sous le soleil du sud, suivez le guide :

2 lieux incontournables pour découvrir la Provence idyllique de Van Gogh :

  • La ville d’Arles, et notamment le Café Van Gogh (place du Forum), promenez vous le long du quai du Rhône pour admirer le lieu de création du tableau La Nuit Etoilée. Hors des sentiers battus, bien d’autres lieux vous feront voyager à travers les toiles du grand maitre néerlandais : le pont de Trinquetaille, le pont de Langlois (rebaptisé pont Van Gogh), le vieux moulin (rue Mireille), la maison jaune (place Lamartine), le jardin public, les arènes, les Alyscamps… 
    Pour faciliter votre déambulation, vous trouverez un circuit piétonnier et balisé « sur les traces de Van Gogh ». N’hésitez pas à pousser les portes de la Fondation Van Gogh, qui, à défaut de disposer d’œuvres du maitre, réalise un véritable travail de médiation en confrontant la création contemporaine à l’influence du peintre néerlandais.

A gauche, La Nuit Etoilée (1888, Musée d'Orsay). A droite, le quai du Rhône à Arles.

  • Le village de Saint Rémy de Provence, à 40 minutes d’Arles, où Van Gogh se fit interner durant quelques mois, de 1889 à 1890. Au sein de l’asile Saint Paul de Mausole (dont une partie a été transformée en sanctuaire à la mémoire de l’artiste), il réalisa plus de 150 œuvres, dont certainement l’une des plus célèbres : La Nuit Etoilée de 1889 (qui figure aujourd’hui parmi les pièces maitresses de la collection du MoMA de New York). Là-bas, vous pourrez également profiter d’un itinéraire balisé traversant ce village typiquement provençal, et découvrir de nombreuses reproductions de ses œuvres disposées au fil de votre déambulation.

Vincent Van Gogh, La Nuit Etoilée, 1889. Museum of Modern Art, New York. 

Alors, on part quand ?

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