Ajouté le 2 oct. 2019 | Commentaires

REYDEL ESPINOSA

Les créatures fantasques de Reydel Espinosa, Cuba

Depuis son île natale, Reydel Espinosa le dit avec évidence: “J’ai toujours été amoureux de la nature qui m’entoure, j’ai besoin de la représenter, d’une manière ou d’une autre”.

Et de fait, sa peinture est pleine de créatures, certaines qu’il a pu voir, d’autres qu’il a importées dans sa végétation cubaine
luxuriante, d’autres encore qui viennent des contes de fée, de la mythologie ou de son imagination.

Le tout peint dans une peinture à l’huile pleine de virtuosité: les plumes, les poils, les voilages, les carnations ou les ombres, l’artiste autodidacte ne s’interdit aucune difficulté et donne à toutes ses créatures, les vraies comme les plus imaginaires, le même luxe de détails.

Bosch (1450-1516) n’est pas loin et l’artiste l’avoue volontiers: “ Ses images de rêves médiévaux, pleines de sorcières, d’alchimie, de magie ou d’un innombrable bestiaire convergent dans mon monde. L’oeuvre qui m’a le plus influencé est le jardin des délices
terrestres: c’est vraiment celui ou Bosch pousse le plus loin l’opposition entre l’obéissance naturelle des créatures et la désobéissance perverse de l’homme”.

Reydel Espinosa reprend cette idée, et dote à son tour les animaux de vertus et d’intelligence: l’escargot pédale, le singe joue du violon, le bouc joue aux échecs. 

“J’essaie toujours de rechercher la transcendance des êtres vivants, principalement par le biais du jeu intelligent”.

Pour créer un tel univers, pas de méthode fixe: “Même si je commence toujours par une figure principale, j’ai différentes façons de commencer une peinture. Parfois, le point de départ vient d’idées philosophiques bien définies sur la nature animale, mais je développe ensuite des figures qui occupaient un second plan dans les travaux précédents. D’autres fois, je pars de l’envie de créer un univers surréaliste, les ‘animaux et le paysage arrivent et vont ensuite ouvrir un nouveau champ des possibles”.

Dans tous les cas, la façon dont ces créatures apparaissent dépendent de l’état émotionnel du peintre: “Lorsque j’écoute les musiques que j’aime, le pinceau fait assez volontiers ressortir des espèces mutantes, comme si la musique guidait l’outil. Parfois, la musique m’entraîne vers des couleurs qui m’étonnent moi-même, passant de gammes monochromes à des gammes saturées, à la limite de mes attentes”.

Reydel Espinosa n’a pas encore fait de sculptures, mais cela devrait venir, quasi-naturellement. “Pour l’instant, j’ai fait des dessins à l’aquarelle juste pour expérimenter”.

L’artiste laisse donc les choses venir, et il agit de même avec son rapport au public: “Je suis autodidacte et j’aime que mon travail soit simplement perçu comme illustratif. J’aime que le spectateur ait la liberté d’interpréter lui-même mes observations”. Et pour l’y aider, l’artiste a mis dans la plupart de ses œuvres “le personnage étrange en train d’essayer de faire sourire le spectateur”.

Le monde de Reydel Espinosa est plein de créatures plus variées les unes que les autres mais l’artiste avoue quand même un faible pour deux animaux précis: les singes et les paons: “Les singes sont capables d’obtenir le sourire de l’observateur, ils permettent de traiter de sujets mystiques tout en accompagnant cela d’une atmosphère de bonne humeur. Quant au paon, il est en parfaite harmonie avec les animaux métamorphiques et confère des éclaboussures de beauté à mon univers surréaliste”. Avec lui, l’impensable devient possible.   Texte : A.D

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Surréalisme fantastique animaux cuba

Ajouté le 12 sept. 2019 | Commentaires

JEAN-MARIE GITARD Mr STRANGE

Mr Strange, le bien nommé

Dans le monde de Mr Strange, le coelacanthe devient Sheila Kant, … et des animaux de toute sorte se posent des questions métaphysiques: le chat au-dessus des nuages, le singe qui reste à la fin d’un spectacle, etc.

L’insolite saute aux yeux, et on ne sait trop ce qui a guidé l’artiste: la volonté de faire s’entrechoquer des visuels ou le plaisir non dissimulé d’illustrer un jeu de mot, une expression, de montrer que l’absurde se niche partout, dans le vécu, les mots ou les images. 

“J’aime essayer de montrer que le monde n’est pas tel qu’on le croit, décrypter l’effervescence granguignolesque pour mettre à nu la société humaine, ce spectacle de marionnettes où chacun joue son rôle en évitant (mais c’est inconscient) de vivre sa vraie vie !  Je suis attiré par l’insolite, le bizarre et le non-sens. Mais la provocation pure ne m’intéresse pas”.

Logiquement, l’artiste va jusqu’au bout et sème aussi le trouble sur la technique employée: photo? peinture? montage numérique? Les trois à la fois! L’artiste imagine la scène à partir de photos trouvées sur Google images, fait un montage numérique pour obtenir une photo. “Mon challenge, c’est le mixage de ces images qui n’ont aucun lien entre elles. Et qui finalement, une fois associées, créent une nouvelle réalité et ouvrent de nouvelles portes”.

Derrière le pseudonyme de Mr Strange, un Montpelliérain d’une cinquantaine d’années: “L’Art m’a toujours accompagné même si j’ai privilégié très tôt mon don pour le sport. J’ai été un bon joueur de tennis dans ma jeunesse et cette activité est devenue mon métier. Je suis prof de tennis dans l’Hérault. Mais au lycée,  j’avais fait un cursus orienté vers l’histoire de l’Art et le dessin.

J’ai commencé très tôt à dessiner.Entre 8 et 12 ans, de la poésie…. De la BD entre 10 et 16 ans. Entre 17 et 30 ans, je me suis mis à la peinture à l’huile et au modelage (style Di Rosa et Combas).  Puis j’ai traversé un long moment sans création. Il y a une dizaine d’années, le volcan créatif s’est réveillé. Je me suis lancé dans ce que j’ai appelé la « spicture », mix entre peinture et sculpture. De la peinture en relief à l’aide d’argile et d’acrylique.

Le travail de Mr Strange a trouvé un prolongement inattendu. “J’ai fait la connaissance sur le net il y a quelques années d’un Chinois, Qihai Chen.  Il avait craqué sur mes travaux photographiques et s’était proposé d’en reproduire un, L’Homme Penché, qui connait un certain succès sur ARTMAJEUR. Depuis, c’est devenu mon associé, qui relève le défi de transformer le travail numérique en peinture à l’huile sur toile”.  Texte : A.D

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Découvrez son travail ( 281 œuvres )



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Ajouté le 14 sept. 2015 | Commentaires

Une œuvre, une histoire - La seule différence entre moi et les surréalistes, c'est que moi je suis surréaliste.


 

 
 

 

 
 
 

UNE ŒUVRE, UNE HISTOIRE

THE ONLY DIFFERENCE BETWEEN THE SURREALISTS AND MYSELF IS THAT I AM SURREALIST- CHRISTIAN GIRAULT

C’est en  1995 que Christian Girault a visité le sud de la Bolivie où les paysages désertiques sont parfois hallucinants. Il ne le savait pas à l’époque, mais une partie de ces déserts est appelée le désert de Dali, en raison des formes improbables de ses rochers, rappelant des éléments des tableaux de Salvador.

 


 

 

Travaillant dans l’informatique et le secteur bancaire, c’est seulement en 2008 que Christian Girault décide de changer de vie pour se consacrer à sa passion première : la peinture. Son approche est originale et il travaille principalement sur des compositions photographiques qu’il réalise comme story-board préalable à l’œuvre. Il se définit comme un "cinéaste sur toile", tant le scénario est généralement le moteur de l’action qui va suivre sur la toile.

 

 
 
 

 

Pouvant laisser sédimenter une idée dans son esprit durant une année et la reprendre au moment jugé opportun, il lui est donc devenu évident d’associer ce paysage bolivien à Dali. C’est en hommage au génie, mais aussi au côté impertinent de Dali, d’où sa présence théâtrale et pour tout dire surréaliste sur la toile. En véritable "cinéaste sur toile", il joue avec le noir et blanc du paysage et la couleur du rocher. Mais Dali, devait-il être en couleur ou en noir et blanc ? Que pouvait apporter la couleur à une apparition surréaliste de Dali ? En définitive, le fait que Dali jeune vivait au moment de la photo noir et blanc a fait qu’il est représenté en noir et blanc. Restait à trouver le lien entre lui et le rocher…

 

 

 

 

La longueur volontaire du titre du tableau "La seule différence entre moi et les surréalistes, c’est que moi je suis surréaliste" est un hommage à cette facétie de Dali qui aimait créer des titres de tableau à rallonges. Il s’agit d’une phrase assénée par Salvador à la face du groupe des Surréalistes, notamment à André Breton, attestant qu’il n’y avait dans le groupe d’autre surréaliste que Dali. 


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