Ajouté le 10 oct. 2019 | Commentaires

ANDRÉ NADAL

La poésie des figures géométriques

Les formes sont le plus souvent très simples : des cercles, des rectangles, des entrecroisements de lignes droites. Les couleurs sont tout aussi réduites : du blanc au noir, en passant par toute la gamme des gris. Dans ce schéma rigoureux, André Nadal réussit à créer un univers très personnel où la géométrie est vue comme une porte ouverte sur l’harmonie

Avant de vivre de sa peinture, André Nadal a fait des études pour devenir dessinateur industriel. Il lui en est resté quelque chose, un goût certain pour la géométrie et ce qu’elle peut offrir d’harmonieux. Mais pour apporter un regard neuf sur des formes aussi simples qu’un cercle ou qu’un cube, il faut évidemment trouver sa voie. André Nadal a beaucoup cherché. Il a « erré dans la couleur », comme il aime à le dire, passant par une phase de tachisme avant de recentrer son travail sur quelque chose de plus épuré. Mais il n’a pas immédiatement jeté son dévolu sur le noir. Pendant huit années, il a au contraire travaillé des œuvres en bleu, faisant lui-même son bleu de Prusse. Les formes géométriques, faites d’un entrelacs de traits innombrables étaient déjà là, mais le bleu apportait peut-être quelque chose de plus aérien.

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Et puis, un jour, il a vu des œuvres faites de tableaux en bois brûlé. C’était il y a 12 ans, et depuis le noir est devenu le ton essentiel de son travail. Aujourd’hui, ce noir omniprésent recentre les œuvres sur les formes. La plupart du temps, elles existent pour elles-mêmes, se contentant éventuellement d’évoquer d’autres choses : le cube peut évoquer les immeubles américains, avec ses horizontales et verticales très marquées par les structures métalliques apparentes. Mais l’impression de grandeur n’est pas nécessairement la première recherchée : quand le cube est constitué de petites taches plus ou moins blanches ou grises, il
peut évoquer davantage un morceau de sucre qu’un immeuble monumental.

Et plus rarement, la peinture se fait figurative, quand les formes cubiques se multiplient et évoquent clairement New York ou une autre sky-line américaine.

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Ce qui est commun en revanche aux œuvres d’André Nadal, c’est la notion de proche et de lointain : on regarde d’abord de loin ce cube ou cet amas de lignes formant un cercle, et puis on s’approche pour comprendre un peu plus la technique et se noyer dans les lignes, jusqu’à mettre son nez sur le tableau. La tendance est particulièrement forte pour comprendre comment l’artiste parvient avec des mêmes traits, à proposer la face d’un cube à la lumière et l’autre à l’ombre. La réponse vient de la proximité : l’artiste ne peint pas sur son fond noir, il gratte, avec plus ou moins de profondeur, ce fond noir pour retrouver des tons blancs ou gris qui vont former le motif.

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En ce sens, l’œuvre d’André Nadal est finalement empreinte de classicisme : comme le château de Versailles ou le Louvre par exemple, on regarde l’œuvre de loin, ses formes et son équilibre général, avant de s’approcher pour détailler les éléments un par un : les colonnes, les sculptures, etc.

Aujourd’hui, l’artiste a une réputation bien établie, avec des galeries qui le suivent aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis ou en Asie. « Je pense que mon travail a un côté hypnotique. Il captive aussi bien l’œil que le cerveau du spectateur, tout en restant très simple d’apparence. Et je peux le voir dans ceux qui apprécient mon travail : ce sont souvent des perfectionnistes, qui possèdent des maisons où règne une certaine notion d’ordre. Mes œuvres prennent toute leur ampleur dans des intérieurs épurés ».

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Aujourd’hui, l’artiste revient un peu à la couleur, avec des figures colorées sur fond noir ou sur fond blanc. Mais le travail reste tout autant épuré et nécessite toujours la même concentration : « Quand je peins, je suis seul dans mon atelier, sans rien pour me déranger. Pas de musique, et si une mouche arrive, je la plains car elle risque de finir en enfer ». André Nadal travaille dans le silence, sans rien qui puisse détourner son attention. Et ce n’est pas la couleur qui change la donne.   Texte : AD

VOIR LE TRAVAIL D'ANDRÉ NADAL→

André Nadal nait à Oran, en Algérie en 1952. En 1962, il arrive en France dans la région de Perpignan où il retrouve une partie de sa famille. Très tôt, il se passionne pour le dessin (des voitures de sports, exclusivement) et s’oriente vers des études secondaires de dessinateur industriel. Puis il fréquente les Beaux-Arts de Perpignan et opte pour l’architecture d’intérieur. Egalement passionné par l’aéronautique (depuis l’âge de 8 ans, il fabrique des parachutes), il réalise ses rêves d’enfant grâce au vol libre. Il sillonne le ciel avec sa propre aile Delta et touche vite aux autres disciplines du genre : hélicoptère, avion léger, planeur, ULM...

En 1980, naît sa fille Isabelle. Deux ans plus tard, en jouant avec elle, il découvre la peinture abstraite… En 1983, il abandonne le dessin industriel et se consacre à la peinture.

Depuis 2007, il partage son temps entre son atelier dans le Tarn et celui de Paris.
 André Nadal expose dans de nombreuses galeries, dont deux en région, la galerie Dupré et Dupré à Béziers, et la galerie Sakah à Toulouse.

Découvrez son travail ( 7 œuvres )


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ANDRÉ NADAL
France


Noir et blanc graphique Abstraction géométrique

Ajouté le 2 oct. 2019 | Commentaires

PHILIPPE PICQUART

La ville, terrain de destruction et de création

Le photographe Philippe Picquart s’intéresse aux paysages urbains. Mais il n’hésite pas à intervenir sur ses photos noir et blanc pour proposer une interprétation personnelle du lieu.

Philippe Picquart est attiré par les lieux où la vie s’en est allée, par les êtres croisés avant d’être rencontrés. Et notamment par les murs des grandes villes où il traque les témoignages des activités humaines. Les murs : certains vont droit dedans, d’autres les contournent, les plus courageux les abattent, des taggers les signent, des publicitaires les investissent, le temps les use, Philippe Picquart, lui les prend à témoin. Traces ou témoignages, soulignés d’accidents urbains, d’actes volontaires, créatifs ou destructeurs, le photographe a toujours cherché sur les murs les témoignages des activités humaines.

Il sillonne pour cela la planète: Paris, Berlin, Rabat, mais également Riga, Manille, Hanoï ou Bamako.

Mais il intervient ensuite sur ce que la ville peut lui offrir. Première forme d’intervention, assez classique: le choix du Noir et Blanc, qui magnifie et donne tout de suite un cachet intemporel à ses vues urbaines. Mais le photographe-plasticien ne s’arrête pas là: il réintervient une fois chez lui par un travail plastique en intégrant d’autres éléments photographiques, donnant ainsi une dimension plus graphique à l’image d’origine. Ces différentes traces de couleur jaune, en fonction de leur forme et de leur positionnement apportent lumière, énergie et modernité à la photographie. Elles orientent le regard du spectateur, et mettent généralement l’accent sur la force des personnages.

« Et puis dans les années 2000, je me suis installé à Rabat au Maroc et j’ai entamé un travail sur la rupture du jeûne pendant le
Ramadan ». Ce travail, qui permet de mettre l’accent sur les moments de partage entre les Marocains, a donné lieu à une exposition en 2008 puis un livre.

Quel que soit le thème retenu, le photographe-plasticien essaie par son travail “de rendre beau ce qui a priori ne l’est pas, tout en attirant l’attention du spectateur sur l’état d’abandon dans lequel les hommes laissent des sites industriels, culturels, cultuels ». L’œil sensible du photographe transforme les lézardes et les graffitis en tableaux.

« Mon travail peut-être à la fois très spontané mais il peut aussi exiger un long travail de préparation quand il s’agit de faire de longues heures de pistes pour rejoindre un ancien fort abandonné ou de réaliser un travail relevant plus du reportage comme celui sur la rupture du jeûne qui avait nécessité des autorisations pour entrer dans une prison, dans un hôpital ou un orphelinat ».

Un travail à la croisée de deux regards, celui d’un photographe documentaire et celui d’un plasticien.  Texte : A.D

VOIR LE TRAVAIL DE PHILIPPE PICQUART →

Découvrez son travail ( 47 œuvres )



Noir et blanc photographie abstrait Maroc

Ajouté le 14 sept. 2015 | Commentaires

Une œuvre, une histoire - La seule différence entre moi et les surréalistes, c'est que moi je suis surréaliste.


 

 
 

 

 
 
 

UNE ŒUVRE, UNE HISTOIRE

THE ONLY DIFFERENCE BETWEEN THE SURREALISTS AND MYSELF IS THAT I AM SURREALIST- CHRISTIAN GIRAULT

C’est en  1995 que Christian Girault a visité le sud de la Bolivie où les paysages désertiques sont parfois hallucinants. Il ne le savait pas à l’époque, mais une partie de ces déserts est appelée le désert de Dali, en raison des formes improbables de ses rochers, rappelant des éléments des tableaux de Salvador.

 


 

 

Travaillant dans l’informatique et le secteur bancaire, c’est seulement en 2008 que Christian Girault décide de changer de vie pour se consacrer à sa passion première : la peinture. Son approche est originale et il travaille principalement sur des compositions photographiques qu’il réalise comme story-board préalable à l’œuvre. Il se définit comme un "cinéaste sur toile", tant le scénario est généralement le moteur de l’action qui va suivre sur la toile.

 

 
 
 

 

Pouvant laisser sédimenter une idée dans son esprit durant une année et la reprendre au moment jugé opportun, il lui est donc devenu évident d’associer ce paysage bolivien à Dali. C’est en hommage au génie, mais aussi au côté impertinent de Dali, d’où sa présence théâtrale et pour tout dire surréaliste sur la toile. En véritable "cinéaste sur toile", il joue avec le noir et blanc du paysage et la couleur du rocher. Mais Dali, devait-il être en couleur ou en noir et blanc ? Que pouvait apporter la couleur à une apparition surréaliste de Dali ? En définitive, le fait que Dali jeune vivait au moment de la photo noir et blanc a fait qu’il est représenté en noir et blanc. Restait à trouver le lien entre lui et le rocher…

 

 

 

 

La longueur volontaire du titre du tableau "La seule différence entre moi et les surréalistes, c’est que moi je suis surréaliste" est un hommage à cette facétie de Dali qui aimait créer des titres de tableau à rallonges. Il s’agit d’une phrase assénée par Salvador à la face du groupe des Surréalistes, notamment à André Breton, attestant qu’il n’y avait dans le groupe d’autre surréaliste que Dali. 


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