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Pour évoquer le caractère spécifique de l’œuvre de Zhang Hongyu il faut partir des steppes sauvages balayées par le vent de la Mongolie où Zhang Hongyu naquit en 1981.
Adolescent, c’est en accompagnant dans ses pérégrinations à travers la Chine son oncle, professeur d’art plastiques à l’Ecole des Beaux Arts de Ulan Hot, que Zhang s’imprègne de la diversité des cultures et des paysages, et engrange des images. Parallèlement, il étudie auprès des grands maîtres de la calligraphie et du Shanshui. L’encre de Chine c’est sa tradition.
Le second marqueur est sa fascination pour l’occident.
Comme nombre d’artistes chinois avant lui, Xu Beihong, San Yu, Chu Te Chun, Zao Wu Ki, qui prirent la route de l’Europe dans les années 20, Zhang , jeune diplômé de l’Ecole des beaux arts de Mongolie, se rend en Europe en 2003. Il s’installe en France. En 2007, il est diplômé de l’Ecole des beaux-arts de Versailles.
D’un continent à l’autre, d’Asie en Europe, de la steppe désertique, de ses racines d’un peuple nomade qui vit au rythme de la nature aux villes tentaculaires, d’une rive à l’autre, Hongyu est le passeur.
Il n’est donc pas étonnant qu’en hommage aux influences culturelles de l’occident qui l’ont marqué Zhang ait consacré ses premières œuvres à un « Salut aux maîtres ». Des portraits de Michelangelo, Kafka, Rodin…incarnent son exploration de la culture et de la philosophie occidentales, des portraits qui sont des paysages de l’âme.
Les références multiples se reflètent non seulement dans ses choix iconiques mais également dans sa technique. Son vocabulaire artistique est une symbiose entre les techniques de ses prédécesseurs chinois et l’art occidental, en particulier l’expressionisme allemand. La calligraphie, l’encre de Chine et le fusain dialoguent avec l’acrylique, l’huile, les pastels. Ses traits à l’encre de Chine expriment en un mouvement rythmé la force, l’énergie, le Qi.
Puis, quand vient le souvenir, quand s’installe la nostalgie du pays natal, des grands espaces dominés par les monts de l’Altaï, il peint les chevaux sauvages de Przewalski frappant la steppe de leurs sabots.
Sa palette sombre qu’il avait adoptée après le décès de sa mère, ose quelques fenêtres d’espoir, des drippings de couleur. Sa toile est travaillée comme une sculpture. C’est la série « Mélodie nocturne ».
D’est en ouest, d’ouest en est, Zhang Hongyu vit et travaille à Paris et à Mongolie.

Liliane-Carol Benoit

ZHANG Hongyu