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Sojo

Sojo
fr France

Date de naissance : 1982
Catégorie : Dessin (46) , Peinture (31)

Articles


Brailler du noir

Brailler du noir

Portraits d’auteurs de romans noirs (Taibo 2, Ellroy), d’écrivains voyageurs (Traven, Cendrars, David Neel), d’autres littérateurs inclassables (Cossery, Sabato), mes séries de toiles explorent regards et plis de visages cachés derrière ces textes.
Mémoires de cris sourds, de rêves effacés, les dessins explorent d’autres terres, d’autres images fragiles : samouraïs, sioux, villistes, etc., va-et-vient prolongé dans les coulisses du siècle et les variantes du noir.
Les bandes dessinées adaptent d’autres mots (Philip K. Dick, Mike Davis), d’autres histoires.

Le café-librairie Le Tasse-Livre, qui met en avant auteurs et thèmes similaires, accueillera cette exposition durant le mois d'Avril.

Rencontre-vernissage jeudi 8 avril à 18h30.

Le "Tasse-livre"
38, rue Sergent Blandan
69001 Lyon

Sojo


Travail au noir

Travail au noir

Une ombre au tableau

Une ombre au tableau

Mes premières toiles travaillent, au noir, rides et regards d'une série d'auteurs, maitres de la littérature argentine (Breccia, Sabato), témoins de luttes oubliées (Taibo 2, Traven, Orwell) ou poètes hors-normes (Beckett, Cossery). L'encre de chine éclaire d’autres visages : amérindiens, villistes, bandits, etc., va-et-vient prolongé dans les coulisses du XX° siècle et les variations du clair-obscur.
Fines hachures, taches d'encre ou épaisses couches d'acrylique, les combinaisons du noir et blanc, entre dessin et peinture, ombres et lumières, vides et pleins, modèlent les plis des corps et les grains de la toile, et s'ouvrent peu à peu à l'exploration d'autres terres, paysages et bestiaires imaginaires construits au gré des touches.


A propos de Rusty Toy

A propos de Rusty Toy

À propos de Rusty Toy de Sojo


Une couleur d’abord.

Rose.
Rose plus ou moins pâle. En dégradé. Qui se dégrade ?
Rose brumeux. Je sens presque sa douce épaisseur.
Rose apaisant mais aussi pesant.
Rose couleur peau. Matrice bienveillance. Ou inquiétante.
Rose incertain. Couleur d’une atmosphère future délabrée ?



Un personnage ensuite.


Énigmatique par ses contours.
Mes yeux sont mes doigts et je touche la texture granuleuse de sa carapace. Les aspérités accrochent mon regard.
Ces sensations tranchent avec celle que me procurent le fond rosé. Les irrégularités du scaphandre chatouillent mon épiderme, interrogent mes sens, me perturbent et suscitent en moi des questions ; alors que l’atmosphère environnant est d’une douceur apaisante, voire assommante, moite.
Les couleurs, déclinaisons d’un camaïeu rouille, sont ici celles d’un métal qui a vécu, qui a subi les effets du temps, peut-être même de cette atmosphère si difficile à saisir et à définir.



Énigmatique par sa posture.
Je suis persuadée que ce personnage est dans un instant de suspension. À la fois hors de tout espace-temps et parfaitement situé. Là, ici et à ce moment là.
Je me sens alors glisser dans cette peau de métal rouillé. Je ressens la lourdeur de l’harnachement. Cela pèse mais j’imagine que, comme une seconde peau, il ne serait plus possible de s’imaginer sans.

La suspension que je pense lire dans sa posture n’est pas ici synonyme d’hésitation. Elle est un temps donné à soi, pour décider du prochain pas à faire. La tête légèrement baissé, comme un recentrement sur soi, un moment de réflexion.

Ce personnage me renvoie à moi-même, j’y vois les sentiments qui me gagnent souvent. Lourdeur de mes actions, questionnements, inquiétudes, erreurs, regrets, douleurs passées qui m’accompagne au quotidien. Objet de plaintes mais aussi d’un certain attachement.
Ce personnage respire le vécu, peut-être même le passé. Cela le défini dans son usure. Néanmoins, il est, pour moi, définitivement tourné vers un futur. L’atmosphère, le personnage et sa posture m’évoque cette confrontation des temps qui autorise, demande ou impose une immobilité réflexive qui n’est pas définitive.



Énigmatique également ce personnage par son identité.

Suis-je face à un objet ? Si tant est que l’on s’entende sur la définition de ce qu’est un objet … Sa taille m’est impossible à définir. Comme si aucune référence n’existait pour en déterminer une mesure. L’atmosphère qui l’entoure ne semble pas avoir de réalité matérielle. Aucun relief à l’horizon, pas de perspective. Néanmoins, une ombre. Un sol donc ? Une source lumineuse ? Ou une autre existence possible des ombres …
Un objet ou un drôle de scaphandre habité par un être ? Encore une fois, je ne peux imaginer s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte. Ni même si cet être est humain.
Je laisse cette question en suspens qui ne nécessite pas de réponse. Objet ou être, je suis persuadée que ce j’ai nommé intuitivement personnage est vivant.
Cela me fait penser à cette phrase qui me trotte dans la tête et dans le cœur depuis le lycée. J’en ai pris connaissance lors d’un travail réalisé en cours de pratique d’art plastique. La consigne était de produire quelque chose en nous inspirant de cette extrait d’un poème de Lamartine :
« Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer? »

Lorsque je suis face à ce tableau, je ne doute pas de la réponse à donner.
Ce tableau, le personnage qu’il représente, et qui est peut-être un simple jouet comme le suggère son titre, forment un objet animé par une âme qui s’est attachée à la mienne.



ST, 2009


Acrylique sur toile, encre sur papier ou dessin, d'après photos.
Les images rassemblées ici sont des portraits, souvent de personnes peu connues, effacées.
Travail essentiellement en noir et blanc, intéressé par les jeux de l'ombre et de la lumière.