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Les couleurs, les rythmes, la matière se conçoivent comme les notes et les accords de la pure musique, sans imagination autre que celle que nous lui accordons. Voir la peinture de Carol Shapiro est donc souscrire à cette libération. Il faut se laisser convaincre, s'imprégner de ses tonalités, de ses cadences, de sa texture. Admettre qu'il s'agit d'une peinture hors normes parce qu'elle est avant tout transmission d'un besoin de peindre, éclosion de pulsions sous-jacentes, que l'artiste subit pour nous les livrer comme un chant seul, destiné à qui veut bien l'écouter, aussi sauvage qu'une mélopée instinctive et nomade.

C'est une œuvre énergétique, viscérale. Elle peut avoir ses rages et ses douceurs, allumer le feu sourd des ocres ou incendier un rouge ou encore se submerger de gammes océaniques. Elle s'élabore grâce à son élan instinctif; compose ses cheminements par l'habitude gestuelle, ses teintes en fonction d'états d'âme que le désir de créer n'analyse pas. La donne peut en sembler chaotique au premier abord, une préhension plus profonde en assimilera les forces latentes et libérées et toujours la sincérité évidente.
Michel Gaudet - critique membre A.I.A.C

Carol Shapiro