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Ce qui constitue le fantastique dans l'oeuvre d'un peintre ce n'est pas l'apparence insolite du sujet, mais sa façon de surprendre. Le besoin du fantastique s'impose au niveau de l'émotion. Ainsi peut-on avancer que l'étrange a le souci d'habiller par conviction le préconscient. Il nous laisse interdits exclus et déconcertés. Quelle source d’inspiration resterait-il aux peintres sans la pensée de l'esprit? Cet esprit en place à faire ressurgir en une oeuvre majeure tout un art basé sur le rêve, le mythe, la légende , la poésie et l’allégorie mais aussi à renforcer l’imagination. Le fantastique peut aussi s’appuyer sur des sujets tabous ou religieux. Le fantastique est un art à part entière, il fait corps à l'indefinissable, du réalisme au magique, du rêve au cauchemar, du surréalisme à l'au-delà. Le but du fantastique n’est pas d'obscurcir le regard par des frustrations de toutes sortes, ni de nous fuir en évoquant des mondes séparés; mais au contraire, nous faire voyager dans le passé ainsi que dans le futur en jouant sur les limites de notre conscience. Il est donc porteur de vie tout en défiant la mort ainsi que tous les obstacles et tous les rôles contraignants de l'Ego. En ce sens, le fantastique est la carapace de l' âme pure, un révolutionnaire qui crée ce que l'on voudrait comprendre et qu'on n'ose s'imaginer en se voilant les yeux.

André Martins De Barros