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Lou Perdu


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Sculpture, Photography, Installation ... 35 Followers Member since 2009
Paris, France

Bien sûr il y aurait la mer ... 8 artworks

BIEN SUR IL Y AURAIT LA MER, Texte original

Il y a toujours la mer. Que le regard vaquant s’abandonne ou repose, ici, ou là, ou même là, il y a la mer : cette insistance à étirer la vision à l’infini et de chaque côté, comme deux bras qui s’ouvrent et enlacent la terre ; et ce bour... Read More
BIEN SUR IL Y AURAIT LA MER, Texte original

Il y a toujours la mer. Que le regard vaquant s’abandonne ou repose, ici, ou là, ou même là, il y a la mer : cette insistance à étirer la vision à l’infini et de chaque côté, comme deux bras qui s’ouvrent et enlacent la terre ; et ce bourrelet d’écume salée, baveuse de baisers suçotés au bord des paupières qui cillent au rythme discontinu des vagues.

La mer et le ciel qui s’y cogne ou s’y noie, par toute sa surface poreuse, boursouflée. Le ciel qui s’y remplit, comme dans le regard ce débordement des bleus…

Il y a la mer où il y a le regard, l’un faisant naître l’autre dans n’importe quel lieu par n’importe quel temps, et même la nuit où elle ne se signale que par la fraîcheur sourde sur les paupières et par son chant : elle est là contre le regard exorbité, noire, opaque, invisible. On aimerait la prendre en écharpe à son cou, soie noire, soie sauvage, soie contre le grain resserré de la peau, soie contre soi, toute.

Il y a la mer, le ciel et le sable, cette poudre, cette presque eau. Sable ourlé finement, gansé grain à grain. Et le pied hésite à brouiller cette délicate écriture, ce dialogue amoureux de la mer et du sable.

Et à la lisière des vagues, là où la mer baise et rebaise le sable, l’empreinte du pied creusée suinte, se remplit et s’efface, et il n’y a plus de place pour une autre inscription que celle de la mémoire de la mer, pour un autre désir que celui de la mer.

Et là où il y a la mer,
Il y a un corps qui glisse au pied des dunes, les yeux lacérés de ciel et de sable d’avoir fouillé au delà des courbes vers cette rumeur grondante. Et le corps disloqué par l’espoir vain de la voir, s’abîme au bas des dunes .Et le sable entraîné par la chute s’éboule, le recouvre en silence, et lui remplit la bouche et l’enserre au plus prés, et lui ferme les yeux,

Tandis qu’au fond de l’horizon la mer approche. Ecoutez-la … Et de toutes parts jubilante, et paisible, et terrible peut être, elle arrive. Dans sa masse et dans son étendue elle est là.

La mer est là. Il y a un corps disloqué sous le sable, un corps amoureux fou de la mer et sans l’avoir connue, sans l’avoir jamais vue, mort de l’avoir cherchée, elle qui chaque jour s’en va, mais qui revient, fidèle ; mort avant son retour, et dans son grondement lointain et dans son chant, je l’entends, je l’appelle, mais je ne la vois pas, et perdue dans ces dunes aux courbes si douces et si semblables je meurs dans la chaleur étouffante du sable, tandis que quelque part, la mer…

Là où il y a la mer, y –a-t il la mort ou l’amour? Et le regard à jamais ouvert sur l’absence, ce regard l’invente et la fait naître -mer- invisible, mais là.

Alors où il y a la mer, il y a une peur tenace au creux du ventre, une peur de ce désir de la mer d’être celle qui comble et jouit infiniment, une terreur sourde comme un gouffre, une grotte, un puits qui creuse la chair, un espace élastique par où elle rentrerait, désireuse toujours d’une forme nouvelle où se couler. Et lourd de la mer, enceint, où il y a la mer il y aurait un ventre et la menace en creux de devenir où elle repose , cette immobilité qui l’enclôt, et qu’elle suce et use au rythme de ses cycles.

Et usée, rongée,
Où il y a la mer il y a effusion lente, mélange intime des matières à la matière de la mer. Et du fond de l’horizon la vague se forme, s’enroule déferle et se défait, et le tout devient multitude, et l’un se morcelle,

Et la mer disperse et rassemble, et disperse et rassemble.

LOU PERDU. Paris 1990-2005



Dans cette oeuvre la mer n’est jamais « représentée ». Il s’agit plutôt de l’alentour de la mer. Le texte est une recherche lancinante et infructueuse à travers un dédale de dunes, d’une mer qui s’absente mais qui toujours revient : on l’entend elle est là mais on ne la voit pas, on en rêve, mais on ne l’atteint pas. Avec le mouvement des marées, la mer tisse avec le sable une géographie, une écriture et quand l’eau se retire il reste de cet échange des traces fascinantes, fragiles, éphémères, vite dispersées par le vent, la pluie, les pas...
Le jeu des gestes opérés avec la terre -rouler, plisser, dérouler, étirer, disperser - évoque l’action visible ou imaginée de la mer sur le sable. Par la combinaison des fragments le mouvement est donné et le dernier fragment se combine au premier .
Dans le four, le feu en vidant la terre de son eau fige dans une éternité précaire les traces de ces gestes et devient le garant de leur mémoire : ainsi la quête n’aura pas été tout à fait vaine.
Lou Perdu 1993 Read less

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Bien sûr il y aurait la mer, fragment n°1 - Installation ©2017 by Lou Perdu - Abstract Art, Ceramic, Céramique, Mer
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Bien sûr il y aurait la mer, fragment n° 28 - Sculpture, 18x30 cm ©1992 by Lou Perdu - Fragment et prédelle colorés avec texte
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Bien sûr il y aurait la mer, fragment n° 52 - Sculpture, 25x29 cm ©1992 by Lou Perdu - Fragment et prédelle colorés avec texte
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Bien sûr il y aurait la mer, fragment n°1 - Installation ©2011 by Lou Perdu - Abstract Art, Ceramic, Nature
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25x30 cm ©1992 by Lou Perdu
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Bien sûr il y aurait la mer, fragment n° 41 - Sculpture, 25x30 cm ©1992 by Lou Perdu - Fragment et prédelle colorés avec texte
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Lou Perdu ~ Bien sûr il y aurait la mer, fragment n° 41
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380x180x3 cm ©1992 by Lou Perdu
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Bien sûr... 180x380 cm 52 fragments - Installation, 380x180x3 cm ©1992 by Lou Perdu - Abstract Art, Ceramic, fargments, plis, mer, sable
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Lou Perdu ~ Bien sûr... 180x380 cm 52 fragments
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17x28x3 cm ©1992 by Lou Perdu
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Bien sûr il y aurait la mer, fragment n° 15 - Installation, 17x28x3 cm ©1992 by Lou Perdu - Abstract Art, Ceramic, Abstract Art, Fragment, terre cuite, mer
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Lou Perdu ~ Bien sûr il y aurait la mer, fragment n° 15
Installation
25x30 cm ©1992 by Lou Perdu
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Bien sûr il y aurait la mer, fragment n°42 - Sculpture, 25x30 cm ©1992 by Lou Perdu - fragment et prédelle colorée et gravée
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Lou Perdu ~ Bien sûr il y aurait la mer, fragment n°42
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