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Mètre carré artistique - Digital Arts,  100x100x4 cm ©1977 by Fred Forest -  
                                    
    Conceptual Art, Politics, Art sociologique
Mètre carré artistique - Digital Arts, 100x100x4 cm ©1977 by Fred Forest - Conceptual Art, Politics, Art sociologique
© 1977 Fred Forest
Fred Forest

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France

Mètre carré artistique (1977)
Digital Arts on Paper (100x100x4 cm)


Available on request ($30,285.90)
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Digital Arts, Conceptual Art, Politics, Art sociologique

Description

LE MÈTRE CARRE ARTISTIQUE
MARS-OCTOBRE 1977
CONCEPT :

Le M2 représente dans l’esprit de l’artiste un espace vierge d’un mètre sur un mètre appropriable par l’imagination de chacun par la parole, le geste, ou l’écrit.

L’œuvre qui se constitue ainsi au fil des événements relève, après l’art conceptuel, d’une forme d’art dénommée art sociologique, c’est-à-dire un art qui se constitue au gré des événements et dont la matière comme le support sont partie intégrante de la société.

Le concept... Read More
LE MÈTRE CARRE ARTISTIQUE
MARS-OCTOBRE 1977
CONCEPT :

Le M2 représente dans l’esprit de l’artiste un espace vierge d’un mètre sur un mètre appropriable par l’imagination de chacun par la parole, le geste, ou l’écrit.

L’œuvre qui se constitue ainsi au fil des événements relève, après l’art conceptuel, d’une forme d’art dénommée art sociologique, c’est-à-dire un art qui se constitue au gré des événements et dont la matière comme le support sont partie intégrante de la société.

Le concept de l’action entreprise reposait ici sur le montage d’un dispositif événementiel visant à créer une "œuvre-information" critique.

Une œuvre qui avait pour objectif de prendre corps dans la grande information nationale. Utilisant pour ce faire des supports médiatiques comme le journal Le Monde qui a servi à son lancement.

L’œuvre envisagée avait pour objectif premier la dénonciation de pratiques de spéculation liée à des scandales financiers particulièrement juteux à l'époque (dont ceux de la Garantie Foncière et des frères Willot, surnommés les Dalton) mettant en relation parodique la spéculation dans l'immobilier avec celle qui s'effectuait d’une manière aussi effrénée que joyeuse dans le marché de l'art.

En vue d’être en mesure créer cet " événement " médiatique, l'artiste met en place une stratégie de communication imaginative dont l’axe s'appuie sur les cinq étapes suivantes qui en constituent le socle :

1- Création d'une société civile immobilière dans les formes légales devant notaire.

2- Achat à la frontière Suisse d'un terrain de 5m x 4m, divisé par un géomètre expert en 20 parcelles, baptisées : m2 artistiques inscrits au cadastre en tant que tel. Ces lopins de terre, de statut très particulier, seront " commercialisés " par la " Société civile immobilière dite du mètre-carré artistique".

3- Publication dans le journal Le Monde, daté du 10 mars 1978 d'un encart publicitaire occupant un tiers de page, sous le titre : " Placez vos capitaux à deux pas de la frontière suisse ".

Le lendemain de cette publication l’artiste est convoqué à la Préfecture de Police au 52 quai de Gesvres pour s’expliquer devant trois officiers de police à la demande du Procureur de la République.

Ce dernier jugeant cette annonce suspecte a diligenté l’enquête.

Fred Forest est interrogé longuement sur ses intentions et ses motivations, avant de se voir menacé d’une inculpation sous le chef de " publicité mensongère" en vertu de la loi Royer.

Un des trois officiers de police présent lui mets alors sous les yeux la preuve de sa culpabiité un rapport de la gendarmerie d’Annemasse.

Rapport rédigé à la demande du Procureur de la République, attestant, après visite du brigadier de gendarmerie et transport sur les lieux, que le terrain litigieux en question, n’a rien, non rien, d’artistique !

L’artiste faisait alors remarquer avec respect aux fonctionnaires de police qui l’interroge qu’un gendarme n’a nullement qualité pour juger d’une chose relevant de l’art, n’étant nullement un expert en ce domaine pour pouvoir se prononcer. Or dans ce domaine spécifique de l’art l’avis de l’artiste qui affirme ici le contraire est donc fondé pour être reçu.

En toute conséquence le terrain des M2 d’Annemasse était bien un terrain artistique ! Comme il est aisé de le comprendre toutes les conditions se trouvaient maintenant réunies pour créer l’événement et donner un véritable statut au " m2 artistique " de Fred Forest, avec la collaboration, inespérée et involontaire, d’un brigadier de la gendarmerie d’Annemasse…

L’artiste au sortir de la Préfecture de Police se contentera, alors, d’expédier un simple communiqué de son interrogatoire aux agences de presse qualifiées. Le résultat ne se fit pas attendre : le lendemain, une avalanche d’articles tombaient dans la presse notamment dans la presse économique...

4- D’une façon inattendue la vente prévue sous le marteau de Maître Binoche à l’espace Cardin de la première tranche de M2 artistique se trouve compromise par une nouvelle intervention d’un Procureur de la République plus vindicatif que jamais qui en interdit la vente.

Binoche fait part à l’artiste qu’il peut en toute légalité substituer au moment de la vente une autre œuvre à celle prévue. L’artiste qui voyait déjà tout son montage s’effondrer saute de joie et annonce au commissaire-priseur : « Nous avons gagné : puisque que la vente du M2 est interdite, nous allons tout simplement la remplacer par la vente du M2 non-artistique ! ».

Entraînant aussitôt Jean-Claude Binoche dans une boutique de textile qui jouxte rue de la Boétie la porte cochère par laquelle on accède à son étude.

Là ils feront l’acquisition pour la somme modique de 59 francs d’un mètre carré de tergal blanc.

5- C’est donc la mise en vente de ce M2 de tissu qui fera l’objet de la première tranche des " m2 artistiques " le 22 mars aux enchères publiques sous le marteau de Maître Jean-Claude Binoche à l'Espace Cardin. Vente au cours de laquelle ce dernier annonce que l’œuvre figurant au catalogue sous le N°82 n’est pas mise en vente et qu’elle est remplacée par le « M2 non-artistique » sous le N°83.

Il s’agit d'une vente d'œuvres d’art prestigieuse, où sont proposés, entre autres, des tableaux de Picasso, Max Ernst, Fernand Léger, Christo etc.

L’acquéreur (une femme que je ne connaissais pas et que je n’ai jamais revue…) en fera l’achat pour le montant de 6500 francs d’un M2 non-artistique de tergal, baptisé sur le champ M2 non-artistique qui atteindra 100 fois son prix initial sous le marteau de Maître Binoche.

Une belle démonstration par l’absurde des pratiques de la spéculation. Mise en scène conçue par l’artiste lui-même avant la vente le M2 non-artistique aura été placé au sol à l’entrée de la salle éclairé par deux spots.

Entre temps, les Renseignements Généraux de Lyon sont chargés d'enquêter !

À cette occasion Henri Chambon d’A2 effectue le premier reportage sur le terrain.

L’affaire s’étoffe. Le " m2 non-artistique " comme nous l’avons dit n’est qu’un vulgaire morceau de chiffon blanc, acheté le matin même, pour la somme modique de 59 FF, revendu le soir avec une plus-value énorme !

Forest par cette démonstration nous donne " à voir " les mécanismes de la spéculation, les mettant en scène avec leur propre rituel dans le lieu social et professionnel où ils s'effectuent habituellement.

La spéculation, en tant que telle, est remise en selle dans " l'espace médiatique ". Les journalistes et les commentateurs s’en donnent à cœur joie.

Dans l’ignorance la plus totale, ils contribuent ainsi à la création d’une œuvre d’art déjà historique. Les retombées de la presse, aussi bien écrite qu'audiovisuelle, sont considérables. Du fait de sa sensibilité innée à la circulation et au traitement de l'information dans nos sociétés, Forest, a su détourner et " subvertir " les médias en les investissant de l'intérieur. Les asservissant à la cause de sa démonstration, c'est-à-dire à celle de son " œuvre ".

Une œuvre conceptuelle sous forme d'une constellation d'informations que son action à fait émerger par la force du dispositif médiatique qu’il a su créer. Le fait qu’il ait signé publiquement cet objet avant la vente, comme le dit Pierre Restany présent près de lui, cet objet banalisé est devenu un ready-made participatif. L’artiste ajoutera qu’il a réalisé à cette occasion des travaux pratiques relevant de l’économie et de la sociologie.

L'action du " m2 artistique ", activée par l'artiste, connaîtra des prolongements dans les mois suivants avec d’autres encarts publicitaires dans le journal Le Monde et le journal allemand Die Zeit. Relancé sous forme d'un " appel d'offre international ", le " m2 artistique " connaîtra de nouvelles aventures cette fois dans les salons lambrissés de l'hôtel Crillon.

Au cours d’une séance mémorable où il a réuni un panel de critiques, d’avocats et de spécialistes de l’immobilier pour débattre du « produit M2 artistique » afin de déterminer, une fois pour toute, si son statut et son traitement devait appartenir au monde de l’art ou à celui de l’immobilier ?

L’intervention inopinée des Punks, suivie de celle des CRS à la demande de la Direction du Crillon, comme la présence de la ZDF la deuxième chaîne allemande, assuraient cette fois encore, un succès sans précédent aux initiatives de l’artiste.

Succès qui entérinait d’une façon définitive l’existence du M2 comme œuvre d’art

BIBLIOGRAPHIE :

- Journal Le Monde, daté du 10 mars 1977, Paris (première annonce).
- Journal Le Monde, daté du 20 septembre 1977, Paris (seconde annonce).
- Libération, 28 octobre 1977, Paris (dernière de couverture dans sa totalité).
- France Soir, 29 octobre 1977, Paris.
- The Paris Métro, 22 octobre 1977, Paris.
- " +-0 ", Bruxelles n°16/17/18/20 années 1977 et 1978.
- Artes Visuals, n°18/19, 1977, Mexico.

et très nombreux articles dans la presse écrite et audiovisuelle nationale (voir bibliographie générale).

Impression en noir sur papier blanc Photo Rag de 1m x 1m sur le concept du Territoire du M2 artistique que Fred Forest développe depuis 1977 sous des formes multiples.

Le Territoire du M2 se présente à l'origine comme à la fois un lieu imaginaire et un endroit physique réel. Il se prétend être un pays indépendant dans la France composé d'un certain nombre de M2 artistiques régit par une charte sous l'égide de son Président, tyran débonnaire qui le gouverne.

Le M2 a fait l'objet d'une exposition au Centre Pompidou en 2017 lors de la rétrospective qui lui a été consacré, ainsi qu'une exposition programmée à la Bnf en 2020. Le M2 a été présenté successivement à la Fondation De Apple d'Amsterdam, à Kultur Fabrik de Koblenz,au MAC de Sao Paulo, au Musée des Beaux Arts du Palais de Rumine à Lausanne...

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