Ajouté le 8 janv. 2025
Mon intérêt pour la peinture et l'art en général a commencer lorsque j'observais ma mère, qui réalisait de magnifiques œuvres sur soie. Bien qu'elle ne fût pas une artiste à part entière, cette activité représentait pour elle une manière d'occuper ses journées de mère au foyer. Je me souviens qu'elle avait représenté, à la peinture sur soie, deux coqs arborant un plumage flamboyant. De mes yeux émerveillés, j'admirais ce chef-d'œuvre chaque fois qu'il ornait le mur de notre salon. Ces instants ont marqués profondément l’adolescent sensible que j'étais.
Un autre souvenir resurgit de ma mémoire, évoquant mes années au collège, durant les cours de dessin. Un dessin a particulièrement marqué mon esprit, car il refait surface chaque fois que je m'adonne au dessin ou à la peinture . J’avais représenter des personnages marchant sous la pluie, tenant leurs parapluies à la main. Leurs reflets dans l'eau, leurs mouvements en marchant, les couleurs froides de l'hiver, tout y était ! J'ai même eu l'honneur de recevoir les éloges de ma professeure de dessin.
Inconsciemment, ces moments sont sans doute restés gravés dans ma mémoire.
Bien des années plus tard cet ADN artistique a refait surface. En effet, j’avais commencé à reproduire des portraits au crayon de musiciens de jazz, et toutes les images esthétiques que j’affectionnais.C’est après plusieurs années d’apprentissage approfondi de cette discipline artistique que j’ai eu l’opportunité de présenter mon travail au sein d’une école d’arts graphiques. Le cursus que j’ai suivi par la suite m’a conduit à devenir l’artiste plasticien que je suis aujourd’hui..
Je souhaite exprimer ma reconnaissance la plus profonde envers ma chère mère, ainsi qu'envers le destin qui m'a été bienveillant.. J’avais cela en moi sans doute, mais les événements successifs l’ont très certainement révélé.
Finalement l’art ne nous abandonne jamais!
Et pour reprendre une citation de Marguerite Yourcenar “Le passé, c’est le présent qui a survécu dans la mémoire des hommes”.
- Série EXTRACITIES
À travers mes créations graphiques, j'aspirais à introduire la notion de l'interaction entre le corps et l'environnement architectural. Ma référence du corps et de l'architecture s'inscrit dans l'ouvrage "Corps architectural" des architectes, artistes et poètes Arakawa et Madeleine Gins. Dans leur approche, ils élaborent la notion de ce qui émane du corps et de ce qui émerge de l'environnement architectural, dans une dynamique corps/architecture.
Pour développer cette notion du corps dans l’espace urbain, je me suis imaginé en tant qu'architecte conceptualisant les plans d’une ville, afin d'élaborer son projet. J’ai esquissé des formes géométriques et des aplats de couleurs qui symboliseraient les contours d’une métropole. Au fur et à mesure que je dessinais, l'esquisse d'une silhouette humaine prenait forme au sein de cet ensemble graphique.
La forme qui se dessinait au sein des structures géométriques correspondait à ce corps inhibé se confondant avec la ville. Afin d’accroître la portée de la composition, j’ai intégré des objets en volume pour créer l’illusion de bâtiments. Dans mes compositions, la matière et le volume constituent les moyens d'évoquer une sensation chez celui qui observe, de jouer avec son regard, et de l'inciter à découvrir des détails inattendus. Pour les œuvres tridimensionnelles composées de peintures abstraites, de collages de photographies personnelles et d’objets en volume. Je voulais que le spectateur emprunte ce cheminement insolite et que son corps soit immergé dans cette configuration sensorielle.
Je veux donner l’illusion de villes que l’on pourrait explorer au gré de notre regard. Mon travail s'inscrit également dans une dimension des enjeux architecturaux et humains. En effet, de plus en plus les bâtiments occupent une place prépondérante dans le paysage environnemental. J’ai essayer dans mon travail tel un filigrane; de reproduire à ma manière une résilience qui se tisserait entre l'espace urbain et les personnages que je mets en scène.
Les juxtapositions de couleurs et de formes que j’intègre entre les photographies, par exemple, représentent pour moi un moyen de souligner ce défi. La série que je présente se définie comme un parcours architectural. Tout d’abord, les compositions abstraites s’articulent tel des croquis d’aménagement urbain.
Les œuvres tridimensionnelles amalgamant photographies, collages et peintures abstraites viennent agrémenter ce projet. J’ai tenté à travers ce travail de présenter un projet d’urbanisme en recourant à une métaphore à la fois visuelle et sensorielle.
Depuis quelques années, le thème de la ville s'impose de manière récurrente dans mon œuvre. Cette constante semble sans doute faire écho à mon enfance vécue aux quatre coins de la France, jusqu'à mon adolescence. À travers ces déplacements successifs, j'ai éprouvé de façon inconsciente, à la fois un véritable "manque" de sédentarité, mais également un besoin d'évasion. À travers mes œuvres, je matérialise ce paradoxe et je m'interroge en imaginant des cités où je pourrais enfin m'établir... ou bien je me demande si cela pourrait être l'expression d'un besoin de voyager !?