• <<Il existe un plaisir physique du collage traditionnel: feuilleter des magazines, fouiller parmi des piles d’images, de papier, etc. Possibilités infinies naissant du hasard des découvertes, du rapprochement de deux fragments, de deux motifs. Les limites physiques existent aussi, liées au découpage, à la taille du sujet, aux couleurs, etc. Ceci dit, tout moyen d’expression a ses limites, qui sont pour le créateur des contraintes constructives, des points de départ plus que des points d’arrêt.
D’un autre côté, le collage digital. Exit le plaisir tactile. Au lieu de fouiller des bacs d’images, l’artiste fait défiler des listes de fichiers, parcourt des archives électroniques, choisit d’ouvrir tel ou tel fichier. L’artiste est comme un magicien face à son écran, il manipule des images, détoure, découpe, virtuellement, jouit d’une totale liberté pour redimensionner, changer les couleurs, l’orientation d’un sujet, pour le fondre dans un paysage. Ce sont les libertés qu’offre la technique. Mais ces libertés seules ne sont rien si l’esprit créatif ne prend pas le relais.
L’art digital pose cette question, parmi bien d’autres: n’y a-t-il pas quelque chose d’impersonnel, d’artificiel dans une copie couleur ou une impression jet d’encre. Une telle oeuvre ne manque-t-elle pas de relief ?
Alain Valet pratique les deux types de collage avec bonheur depuis des années. Son oeuvre est faite d’un constant aller-retour entre la plume et la souris. Un collage digital est imprimé puis retravaillé à l’encre de Chine ou à la peinture satinée, pour ensuite être rescanné et remanipulé électroniquement. A l’inverse, un collage manuel peut être scanné et retravaillé. Une “oeuvre-mère" donne parfois naissance à des dizaines d’”oeuvres-filles”.>> [..] >> Read More |